Dans nos jardins, les petites portes des hérissons

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septembre 2022
GROUPE MAMMALOGIQUE NORMAND

L’habitat des hérissons est de plus en plus fragmenté, ce qui les met en danger. En ville, les habitants se mobilisent pour recréer des passages.

Erinaceus europaeus est son nom scientifique, mais on le connaît mieux sous le nom de hérisson d’Europe. Cet habitant de nos jardins laisse surtout apercevoir ses piquants au crépuscule et durant la nuit, entre le printemps et l’automne. Malgré sa petite taille, de 20 à 30 cm, ce mammifère solitaire a besoin d’un domaine vital de plusieurs hectares ! « En dehors de sa période d’hibernation, il se déplace beaucoup, notamment pour trouver les coléoptères, les escargots et les limaces dont il se nourrit », explique Nicolas Klatka, salarié du Groupe mammalogique normand. Le hérisson a aussi besoin de trouver des abris, des points d’eau, et un congénère pour se reproduire. « Le problème, c’est que les zones urbaines sont aujourd’hui très fragmentées, regrette ce passionné. Les grillages, les murs et les clôtures forcent les hérissons à s’adapter en empruntant des voies dangereuses comme les routes. » Les collisions avec les voitures sont d’ailleurs leur première cause de mortalité.

Des passages dans les murs

Face à ce danger, citoyens, associations et communes se mobilisent, comme à travers le projet Piqu’Caen1 : « L’objectif est de recréer des passages entre les propriétés privées et publiques pour permettre aux hérissons de se déplacer de jardin en jardin », indique Nicolas Klatka, en charge du programme2. Les petits mammifères sont ainsi invités à rester dans des espaces favorables et sans risque. L’idée, qui a rencontré un véritable engouement en France, vient de l’autre côté de la Manche ! En effet, depuis 2018, 100 000 Anglais ont participé à un projet similaire3. Les résultats sont significatifs : la population de hérissons s’est stabilisée en milieu urbain, alors que la tendance était auparavant au déclin. Les Bretons sont eux aussi invités à participer, « en aménageant des passages en bas des murs et des grillages, en disposant des planches pour permettre au hérisson de sortir des mares sans s’y noyer, ou en fabricant des abris », indique le Groupe mammalogique breton. L’occasion de partager des photos de leur création sur les réseaux sociaux avec le hashtag #AgissonsHérisson !

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Salomé Remaud

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