Écouter les cétacés pour mieux les protéger

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janvier 2023
CC BY-SA 2.0 / NOAA PHOTO LIBRARY

Doctorant en éco-acoustique, Gabriel Dubus développe un algorithme pour mieux analyser les sons des cétacés.

Chants, grondements, clics et autres tonalités sorties tout droit de l’océan… Gabriel Dubus passe sa journée, casque sur les oreilles, à décrypter ces sons produits par la faune sous-marine. Doctorant à l’Institut Jean le Rond d’Alembert1 à Paris et à l’Ensta2 Bretagne, il étudie les cétacés présents dans certaines zones du globe grâce aux enregistrements de leurs vocalises. On parle d’éco-acoustique. Cependant, l’écoute du monde sous-marin n’est pas chose aisée.

 « Certaines espèces, comme la baleine bleue, émettent des infrasons inaudibles par l’oreille humaine, c’est-à-dire en dessous de 20 hertz. Un enregistrement sonore d’une durée de 4 ans nécessiterait une étude de plus de 10 ans ! » remarque Gabriel Dubus. Ce travail titanesque peut facilement décourager.

Dans le cadre de sa thèse, le chercheur développe donc un algorithme capable d’associer automatiquement les sons présents dans un enregistrement audio à un type de cétacé. « L’idée est de créer un Shazam3 de la mer, s’enthousiasme-t-il. Mais dans un premier temps nous écoutons les bandes sonores. En effet, pour entraîner l’algorithme il faut déjà lui indiquer un éventail de vocalises produit par les différents cétacés. »

Sciences participatives

Afin de faciliter l’analyse des données, Gabriel Dubus a rejoint le projet de sciences participatives OSmOSE. Le concept ? Des volontaires annotent eux-mêmes les enregistrements sous-marins, via une plateforme en ligne4. Gabriel Dubus devrait obtenir des nouvelles données dans les mois à venir, puisqu’il a mis en place en décembre dernier des hydrophones5 dans la mer de Weddell, en Antarctique. L’analyse des sons, émis par les cétacés qui occupent cette région reculée du monde, devrait aider les scientifiques à établir une carte précise de leur aire de distribution et in fine à mettre en place des aires marines protégées.

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PAULE-ÉMILIE RUY

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