« Si on est ouvert à la découverte, on réussit à avancer »
Portrait
Archéologue à l’Inrap au Faou, dans le Finistère. Elle est spécialiste des céramiques et des mobiliers de l’âge de Fer.
J’ai toujours voulu être archéologue. Si cela n’avait pas été le cas, j’aurais aimé travailler dans l’artisanat d’art pour concilier activités manuelle et artistique, et transmettre des techniques.
Que notre savoir-faire n’a pas tant évolué depuis l’époque gauloise ! Mise à part l’arrivée récente de la robotique, la forme des objets de la vie quotidienne et leur fonction n’ont presque pas changé. C’est toujours émouvant de les redécouvrir.
Je n’y crois pas vraiment. Une idée émerge grâce aux connaissances accumulées et aux rencontres. Parfois c’est une intuition, une évidence qu’il reste à démontrer. Et si on est ouvert à la découverte, on réussit à avancer.
Un peu de fraîcheur ! Au départ, j’imaginais le domaine scientifique composé de personnalités réceptives et passionnées. Or, j’ai parfois rencontré des rivalités et des tensions avec, chez certains, une incapacité à remettre en cause des modèles théoriques préétablis.
Des fouilles archéologiques qui vont à l’encontre de ces modèles parfois peu étayés ! Ce qui arrive fréquemment. J’aime la nouveauté, même si remettre en cause certaines théories c’est s’exposer à des conflits d’intérêts entre chercheurs.
Une révélation improbable, comme la mise en évidence en Bretagne de relations transatlantiques maritimes dès la Protohis-toire1 !
Je n’en doute pas, mais elle a ses limites. Les connaissances évoluent et certaines hypothèses scientifiques actuelles seront peut-être obsolètes demain.
1. Époque de la première métallurgie : 3000-1000 av J.-C.
TOUS LES PORTRAITS
du magazine Sciences Ouest