Danse et sciences, deux disciplines pas si différentes

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N° 406 - Publié le 31 janvier 2023
VIOLETTE VAULOUP
Les scientifiques ont modélisé les différentes couches du sous-sol terrestre avec du sable, du silicone et du sirop de glucose.

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Fin janvier, à Rennes, des collégiens ont passé la journée avec des danseurs et des scientifiques pour préparer un spectacle en lien avec les forces de la nature.

Sac à dos posé entre les jambes et froissement des doudounes que l’on enlève. Une vingtaine d’adolescents prend place sur les bancs en bois d’une salle de danse du Garage, un espace dédié à la création chorégraphique, à Rennes. Ils semblent davantage intéressés par les quatre danseurs qui s’échauffent au fond de la salle que par les remarques de leur professeurs sur le spectacle qu’ils ont vu la veille, dans le cadre du projet La science sur les planches.

Les forces de la nature

Chaque année, six classes de quatrième sont sélectionnées en Ille-et-Vilaine pour participer à cet événement porté par le département et l’Espace des sciences de Rennes. L’objectif : monter un spectacle en lien avec les sciences et le programme scolaire. Le 20 janvier, les élèves du collège François Truffaut, de Betton, ont passé la journée à Rennes pour rencontrer danseurs et scientifiques, et glaner des éléments pour préparer le spectacle qu’ils joueront en juin.
Au Garage, Bruce Chiefare ajuste sa casquette, lance la musique et rejoint ses danseurs au centre de la pièce. Le chorégraphe, issu du hip-hop, accompagne les étudiants tout au long du projet. Et ce jour-là, ils ont droit à une représentation rien que pour eux. Leurs professeurs ont choisi le thème des forces de la nature. Alors avec l’aide du danseur, ils devront mettre en jeu le mouvement des plaques tectoniques, les volcans, la création des chaînes de montagne, l’érosion ou encore la circulation atmosphérique.

Mais pour l’instant, le sujet reste un peu flou dans la tête des adolescents. Pas évident de traduire des phénomènes naturels avec son corps. « On pourrait peut-être tourner pour représenter un cyclone », avance timidement Charlotte, 13 ans. De son coté, Maxime, imagine « des gestes brusques, un peu comme des éclairs. » La réflexion n’en est qu’à ses débuts. « J’espère que cette journée nous aidera un peu », sourit César, 14 ans, avant de fixer de nouveau son regard sur les danseurs.

Le même vocabulaire

Pour Bruce Chiefare, rapprocher danse et sciences est loin d’être dénué de sens. Il fait d’ailleurs de nombreux parallèles entre les deux disciplines. « On utilise le même vocabulaire. Nous, quand on crée, on fait des expériences, des conclusions, on analyse et on parle aussi de recherche », souligne le chorégraphe avant de laisser partir les collégiens vers un autre laboratoire. Strictement scientifique cette fois, à Géosciences, sur le campus de Beaulieu. Derrière un rideau noir, dans une pièce plongée dans l’obscurité, une étrange expérience se déroule.

Intrigués, les élèves s’entassent autour d’un bac en verre faiblement éclairé. Pour comprendre comment s’est formé l’Himalaya, des chercheurs ont reproduit les plaques tectoniques et les différentes couches du sous-sol terrestre, pour observer la subduction1 de plus près et en version accélérée. Une heure et demie d’expérience équivaut à 60 millions d’années. Accroupis autour du modèle, les collégiens regardent, mi-étonnés, mi-fascinés, les mouvements qui ont façonné la Terre. Ne reste maintenant plus qu’à traduire ces forces-là sur les planches.

VIOLETTE VAULOUP

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