Le potentiel du microbiome respiratoire

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N° 420 - Publié le 3 juin 2024
© NEXTZIMOST / ADOBE STOCK

 

Renforcer la lutte contre la pneumonie1, première maladie infectieuse dans le monde : c’est ce que vise le projet Phenomenon2. Malgré des traitements antibiotiques standards, ce syndrome pulmonaire grave est associé à un taux de mortalité élevé. Sur 100 personnes intubées pour une pneumonie, 25 décèdent en moyenne. Pour y remédier, les scientifiques étudient depuis décembre le rôle du microbiome respiratoire dans l’antibiorésistance face à la pneumonie.

Dissemblances pulmonaires


Le microbiome désigne l’ensemble des gènes présents au sein d’un microbiote, lui-même défini comme les micro-organismes d’un environnement précis, ici les voies respiratoires. Or, des différences de microbiomes ont été constatées entre des personnes atteintes de pneumonie et d’autres non malades. Afin d’en savoir plus, les chercheurs analysent le contenu du fluide pulmonaire de différents patients et visent ainsi « à déterminer si l’échec de traitement aux antibiotiques d’une pneumonie est dû à cette disparité de microbiomes respiratoires », explique le Pr Antoine Roquilly qui co-dirige le projet. « Nous essayons également de démontrer que la restauration du microbiome d’un patient permettrait de passer outre cette résistance aux antibiotiques, et ainsi augmenter les taux de guérison », ajoute le médecin spécialisé en anesthésie-réanimation au CHU de Nantes. Un projet d’envergure, sachant que l’antibiorésistance pourrait devenir la principale cause de décès en Europe, Amérique du Nord et Australie d’ici 2050.

Charles Paillet

1. Infection pouvant être causée par différents agents infectieux, comme la grippe ou le coronavirus.
2. Porté par le CHU et l’Université de Nantes.

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