Bientôt des aimants sans terres rares ?

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N° 434 - Publié le 9 janvier 2026
© HIT MAG
Antoine Hoez dans le laboratoire d'HIT Mag, à Plouzané (Finistère). En médaillon, l'image des particules de goethite alignées dans un aimant (l'image mesure 10 microns).

La start-up brestoise HIT Mag, issue de l’UBO, met au point une nouvelle génération d’aimants permanents sans terres rares.

C’est une innovation de rupture qui pourrait révolutionner l’industrie des aimants. Actuellement, la production de ces composants incontournables dans de très nombreux équipements industriels ne peut s’envisager sans terres rares, dont le bilan écologique est désastreux. Mais la start-up brestoise HIT Mag, créée en octobre 2025, entend bien changer la donne.

Tout débute par une découverte réalisée « par hasard » par Jean-Luc Mattei, professeur au Lab-Sticc de l’UBO1. « Il travaillait sur de la poudre d’hexaferrites de baryum à l’aide d’une presse à champ magnétique et il a obtenu un type d’aimant, sans terres rares », raconte Antoine Hoez, docteur en chimie, qui fut son élève. Il réussit à en percer le mystère, au bout de plus d’un an de recherches. « À l’aide d’un microscope électronique à rayons X, j’ai pu identifier un composé d’hydroxyde de fer bien particulier, la goethite. Ici, l’alignement de ces tout petits cristaux formés lors de la coprécipitation assure la propriété magnétique de l’aimant. » Fort de ce résultat prometteur, Antoine Hoez a déposé une déclaration d’invention, bientôt suivie par la création d’une start-up, baptisée HIT Mag, qui a bénéficié de l’accompagnement de la SATT Ouest Valorisation2. Il en est désormais le directeur recherche et développement.

Investissements en vue


Une première levée de fonds de 1,6 million d’euros, bouclée fin 2025, va permettre à la jeune pousse d’investir dans des équipements et du personnel. « Notre siège est à Plouzané, dans les locaux de l’UBO, pour garder ce lien avec l’université. Nous allons nous doter d’un premier outil de production à Brest dès cette année », confie Arnaud Trac, cofondateur et président. Ses travaux portent sur deux familles d’aimants permanents, les hexaferrites pour lesquels la phase d’industrialisation est proche, et les nitrures, plus puissants, dont la mise au point nécessite encore des investissements significatifs. Déjà, le Cnes3 a passé commande pour un projet spatial.

Xavier Debontride

1. Université de Bretagne Occidentale.
2. La société d’accélération du transfert de technologie Ouest Valorisation est l’opérateur de valorisation de la recherche publique pour 28 établissements en Bretagne et Pays de la Loire.
3. Centre national d'études spatiales.

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