Des étincelles jusque dans les nuages
Électricité : histoires, usages et défis
L’électricité est partout dans la nature, mais certaines de ses manifestations sont plus impressionnantes que d’autres. C’est incontestablement le cas de la foudre, qui trouve son origine dans un type de nuage bien particulier : les cumulonimbus, traversés par de forts mouvements d’air ascendants. « À l’intérieur, ces mouvements turbulents provoquent de nombreuses collisions entre les cristaux de glace nuageux et les particules de grésil, entraînant des échanges d'électrons. Plus légers, les premiers se chargent positivement et sont entraînés en haut du nuage alors que les seconds, plus lourds, sont chargés négativement et transportés vers le bas », explique Tony Le Bastard, ingénieur de recherches au CEMS1 de Lannion (Côtes-d’Armor). Mais vient un moment où le nuage atteint un point de saturation et se décharge pour revenir à un état d’équilibre. L’éclair n’est ni plus ni moins que la trace lumineuse laissée par le courant électrique ainsi déchargé. « Et si 90 % des éclairs restent à l’intérieur des nuages, les 10 % restants traversent l’air en le chauffant à plusieurs milliers de degrés », poursuit le spécialiste. L’air se dilate alors et crée une onde sonore : le tonnerre. Le même phénomène s’observe dans certains panaches volcaniques. Sous l’effet de fortes turbulences, le frottement des particules de cendre entraîne un déséquilibre électrique. Le panache se transforme en pile géante et décharge l’énergie accumulée sous forme d’éclairs.
1. Centre d'études en météorologie satellitaire.
TOUT LE DOSSIER
du magazine Sciences Ouest