Qui craint les risques côtiers ?
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Une étude menée en Bretagne décortique la manière dont les risques littoraux sont envisagés par les populations locales.
La Bretagne, avec ses plus de 1 770 kilomètres de linéaire côtier, est la région française la plus littorale. Si le bord de mer fait le bonheur de ses habitants, ils y sont aussi très exposés à la submersion marine et à l’érosion des côtes, des risques aggravés par les effets du changement climatique. Mais dans quelle mesure se sentent-ils concernés par le sujet ?
Pour le savoir, Félicie Hazard, ingénieure d’étude au sein du Living Lab Glaz1, et ses collègues, ont commencé début 2025 une étude sociologique sur la manière dont les sociétés littorales font face à cet enjeu assez nouveau. Elle part d’une hypothèse centrale : il peut exister un décalage entre la manière dont les risques côtiers sont définis par les scientifiques et les institutionnels et la manière dont ils sont vécus par les habitants concernés.
L’équipe a donc analysé comment les structures associatives investies sur le littoral s’emparent, ou non, de la question. « Nous avons commencé par une analyse de l’occurrence du sujet dans les journaux locaux, qui a démontré une nette augmentation des références aux risques côtiers depuis 2017, en lien avec l’institutionnalisation de ces enjeux et les conséquences des dispositifs réglementaires, explique la chercheuse. J’ai ensuite été suivre quelques associations sur le terrain, dans une démarche d’enquête ethnographique, pour observer leurs activités (réunions, actions de sensibilisation, formations) et réaliser des entretiens avec leurs membres. »
Journée d'étude
Si le travail est toujours en cours, des perspectives se dégagent. « Il existe en fait très peu de collectifs structurés autour de la question des risques côtiers dans la région », observe Félicie Hazard. Au contraire, ils sont généralement utilisés comme argument supplémentaire dans des mobilisations plus larges, par exemple pour la protection d’un espace littoral, à mesure que la question émerge. « Les formes de politisation sur ces enjeux sont ténues et limitées, à la fois spatialement et socialement. » Une journée d’étude pour faire dialoguer les acteurs concernés se tiendra à Rennes ce 3 avril.
1. Structure co-portée par de nombreux instituts de recherche bretons, ayant pour objectif de fédérer la communauté scientifique autour des transitions socio-environnementales.
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