Neurones, mode d’emploi
Maladies neuro-dégénératives : quand le cerveau ne répond plus
Pour comprendre les maladies neurodégénératives, il faut d’abord s’arrêter sur leurs victimes : les neurones. Chaque être humain en possède environ 86 milliards. Ils sont interconnectés et forment un gigantesque réseau extrêmement dense. La grande majorité d’entre eux se situe dans le cerveau mais on en retrouve dans tout le corps, de la moelle épinière aux organes en passant par les muscles et le ventre. « Ce sont les cellules de base du système nerveux. Ils reçoivent les informations, les traitent et les retransmettent ensuite à d’autres neurones », explique Anne Salmon, neurologue au CHU de Rennes.
Impulsion électrique
Les neurones sont constitués de trois parties principales : le corps cellulaire, les dendrites (qui forment des extensions semblables à des branches) et l’axone, un prolongement qui peut mesurer un mètre chez l’humain. Quand on souhaite effectuer une action, comme plier le bras, l’information part du cerveau et circule le long des axones sous forme d’un signal électrique pouvant atteindre 430 km/h. Lorsque cet influx nerveux arrive à une terminaison axonale, il déclenche la libération de neurotransmetteurs, comme la dopamine dans le cas d’un mouvement, dans l’espace infime qui sépare deux neurones : la synapse. Ces molécules sont alors captées par les récepteurs de la cellule nerveuse suivante qui se trouve à son tour excitée ou inhibée selon la nature et le nombre de neurotransmetteurs qu’elle a reçus. L’impulsion électrique est de cette manière transmise de proche en proche jusqu’aux cellules musculaires responsables de la flexion. Les neurones forment ainsi des réseaux spécialisés. Certains contrôlent les mouvements, d’autres la mémoire, le langage ou les émotions. Chez les personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative, ils meurent progressivement à cause de l’agrégation de protéines dysfonctionnelles. « Les symptômes dépendent de la zone dans laquelle se déposent ces protéines et du type de neurones qu’elles touchent », conclut Anne Salmon.
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du magazine Sciences Ouest