L’histoire de la Nouvelle-Calédonie par ses micro-organismes marins
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En retraçant l’évolution des communauté microbiennes marines sur plusieurs siècles, des chercheurs ont mis en évidence les effets de l’exploitation minière sur l’écosystème côtier.
Une équipe de recherche vient de publier une étude révélant l’impact de l’exploitation du nickel sur la diversité microbienne du lagon de Thio, en Nouvelle-Calédonie. Le projet faisait suite au travail de Raffaele Siano, chercheur en génomique environnementale à l’Ifremer à Brest, qui avait déjà mis en évidence les effets des bombardements de la Seconde Guerre mondiale sur les communautés microbiennes de la rade de Brest.
Suivant la même approche, les scientifiques ont analysé une carotte sédimentaire de 2,26 m prélevée en sortie de l’embouchure de la rivière Thio. « En étudiant l’ADN environnemental archivé dans le sédiment, nous avons caractérisé les organismes unicellulaires présents au fil du temps », expose Mathisse Meyneng, chercheuse à l’Ifremer à Brest et principale autrice de l’étude. Quatre grandes phases ont été isolées sur près de mille ans : avant l’établissement de la mine, après son ouverture en 1875, après la mécanisation des outils d’extraction en 1950 et à partir des premières mesures environnementales en 1975.
Diversité microbienne appauvrie
Résultat : « L’industrialisation de l’exploitation a marqué un tournant majeur. Les taux de sédimentation et la concentration en nickel dans le lagon ont été multipliés par cinq, la diversité microbienne s’est brutalement appauvrie. Et même si elle n’est jamais revenue à son état d’origine, on note une amélioration avec l’entrée en vigueur des règles de protection de l’environnement » , indique Mathisse Meyneng. Très sensibles aux variations du milieu, ces communautés microbiennes sont « des sortes de sentinelles, puisqu’une variation de leur composition implique un changement de tout l’écosystème marin », souligne Raffaele Siano.
Des activités humaines terrestres affectent donc les milieux marins côtiers sur le long terme. « L’approche paléoécologique aide à comprendre comment concilier une activité anthropique clé dans un territoire avec la conservation de la biodiversité », conclut Raffaele Siano. Une approche qui a d’ailleurs été élargie à l’échelle de l’Europe sur quinze sites de neuf pays, et dont les résultats sont attendus à la fin de l’année.
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