Des plantes à l’aura internationale

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septembre 2014
Céline Duguey - Espace des Sicences

En juillet, Rennes a accueilli la conférence internationale sur les spartines, des graminées présentes en Bretagne.

Un car garé en baie du Mont-Saint-Michel, une soixantaine de personnes discutant en anglais ou en chinois... Des touristes ? Non, des scientifiques de haut vol venus assister à un congrès international sur les spartines à Rennes, et qui explorent l’un des lieux de prédilection de Spartina anglica, l’une des représentantes de ces graminées, implantée depuis un siècle en France. « Elle est née en Angleterre d’une hybridation entre l’espèce locale, Spartina maritima et une espèce américaine introduite, explique Malika Ainouche, biologiste à l’Université de Rennes 1(1) et organisatrice du colloque. Grâce à un doublement chromosomique, ce nouvel hybride est devenu très fertile et a colonisé les côtes ouest européennes ! » Surnommée péril vert lors de son implantation en Bretagne, Spartina anglica n’a finalement pas envahi la baie, supplantée par des concurrentes.

Elle est, par contre, devenue un excellent modèle biologique pour étudier la formation d’espèces et les conséquences de leur arrivée dans un nouveau milieu. « Elle nous permet également d’étudier les réponses à des stress environnementaux, car elle se développe sur des zones qui peuvent être immergées, comme les marais salés de la baie. Elle a donc développé un système de résistance à la salinité et au manque d’oxygène. » Des spécificités que les chercheurs rennais décryptent depuis de nombreuses années. C’est d’ailleurs cette expertise reconnue qui a permis l’accueil dans la capitale bretonne de ce colloque, dont les trois premières éditions se sont tenues aux États-Unis.

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