La balise intelligente

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mars 2008
© AFP/Ludovic Caillere
Kerlink commercialise une balise pour suivre les wagons de marchandises.

La société Kerlink combine les technologies pour communiquer des informations à distance.

Comment suivre les wagons de marchandises ? Avec une balise Argos ? « Trop coûteux » selon Simon Chignard, directeur marketing et communication de la société rennaise Kerlink. Avec les systèmes qui équipent déjà les trains de voyageurs ? « Ils ont besoin d’énergie et dans un wagon de marchandises il n’y en a pas. »

Alors pourquoi pas un GPS ?
« Parce qu’il renseigne sur l’endroit où il se trouve, mais pas à distance. Il faudrait se trouver dans le wagon avec les marchandises ! » Il est donc nécessaire de coupler un système qui capte les informations avec un autre qui les transfère. Kerlink a la solution : « combiner les technologies du GPS et de la téléphonie mobile (GPRS). »

Ouverture, choc...

« Nous avons associé nos compétences en électronique, télécommunication et informatique pour mettre au point notre balise. Elle informe à distance de l’ouverture de la porte d’un wagon, d’un choc, d’une variation de température, bien sûr de la localisation, et de tout autre paramètre qui intéresse une société qui transporte ses marchandises par ferroutage. »

La balise, baptisée Wirtrack (pour Wireless Tracking System), n’est pas plus grande qu’une boîte à chaussures. On peut y associer des capteurs pour enregistrer les informations souhaitées. Ensuite, ces données sont transmises à l’entreprise via le réseau téléphonique. « La balise est programmée en fonction de ce que qu’on veut savoir. On lui demande, par exemple, de se réveiller tous les matins à 8h. De regarder si elle a bougé par rapport à la veille. Et si c’est le cas, de transmettre l’information », explique Simon Chignard.

En cas de saturation des réseaux de téléphonie, comme les données ne sont pas prioritaires par rapport à la voix, le Wirtrack est programmé pour émettre ses informations dès que le réseau se libère. Le boîtier est autonome pendant cinq années, « ce qui correspond à la fréquence de révision des wagons. »

Kerlink a mis sur le marché son Wirtrack en décembre et espère signer en mars son premier gros contrat. La société rennaise équipe déjà d’un dispositif similaire des cars dans les Côtes-d’Armor. En cas de retard ou d’avance de plus de cinq minutes, le boîtier envoie l’information au central qui peut être consulté par les utilisateurs.

Voiture à la carte

Et l’innovation de Kerlink trouve aussi son utilité dans les voitures rennaises du dispositif City Roul, la déclinaison auto du “vélo à la carte”. L’abonné consulte le site Web, réserve une voiture, se présente sur l’un des six parkings, badge, emprunte la voiture et la restitue.

« Comme le dispositif fonctionne sans personnel, il faut un système pour s’assurer que le véhicule est bien revenu, à tel emplacement et, éventuellement, qu’il est en bon état. Surtout, comme l’abonné paye en fonction de la distance parcourue, il faut connaître le kilométrage. » D’où l’utilité de la balise !

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Michèle Le Goff

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