Ils préparent la résistance

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novembre 2013
Comptage des huîtres juvéniles mortes sur un site de production à Paimpol.
© Jacques Le Meur

Depuis 2012, un projet vise à protéger, conserver et rendre résistantes les huîtres captées en milieu naturel.

Résister au virus. Tel est l’objet du programme de Sélection génétique de l’huître creuse à des fins de captage orienté (Score). Né lors des Assises nationales de la conchyliculture de 2010, il a été validé au début de 2012 pour une durée de trois ans. Son premier objectif est d’arriver à caractériser et à préserver les ressources ostréicoles, ce qui passe par la conservation des échantillons sauvages et des huîtres sélectionnées dans une cryobanque. Le deuxième vise à sélectionner des souches ayant acquis des caractères de résistance au virus, tout en préservant la variabilité génétique. Il s’agit de constituer des familles qui seraient remises à la profession pour constituer des stocks de géniteurs.

Conserver la diversité génétique

Pilote du projet, le Comité national de la conchyliculture (CNC) a recruté trois personnes pour assurer la première phase. À Bouin, en Vendée, le CNC dispose d’une plate-forme technique située dans la station de l’Ifremer mise à disposition dans le cadre d’une convention.

« Nous nous sommes procuré exclusivement des huîtres captées naturellement sur des supports quelconques, dans les sept régions conchylicoles, explique Sébastien Chantereau, responsable du projet et secrétaire général du CNC. Ceci afin d’obtenir un maximum de diversité génétique. De cette façon, nous constituons des familles présentant un intérêt sur le critère de la résistance, dont une grande partie ne sera pas trop apparentée génétiquement. »

À la fin du printemps 2013, une première génération de cent cinquante familles produites à Bouin a été livrée aux différentes régions pour être placée dans des conditions d’élevage. « Il s’agit à la fois de calibrer notre programme et de vérifier la résistance. Nous avons conduit une deuxième action avec cent cinquante familles pour des tests en Pays de la Loire et en Charente-Maritime. »

Le taux de survie sera évalué dans le courant de l’automne suivant le semis, ce qui permettra de comparer le comportement des familles selon les sites. « Nous allons travailler avec des cohortes (générations) de quatre-vingts familles, à raison de neuf cohortes jusqu’à la fin du programme. » Les familles présentant un intérêt en termes de survie feront l’objet d’un suivi durant un cycle complet d’élevage, pour vérifier que les critères de survie et de croissance évoluent harmonieusement.

Réensemencement sur le terrain

Baptisé Resor, pour Réensemencement orienté, le dernier volet du projet Score vise à implanter en mer des huîtres-géniteurs sélectionnées, à mesurer leur impact génétique et à s’enquérir des interactions entre celles-ci et les huîtres déjà en place. Cette phase devrait se dérouler à Arcachon et en Charente-Maritime, qui sont les deux principaux sites français de captage naturel. Il faudra enfin, sur plusieurs années, suivre la reproduction et évaluer la diffusion du caractère de résistance.

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Jacques LE MEUR

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