L’espace interstellaire étudié en labo

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mars 2014
© Espace des sciences

Des chercheurs rennais ont découvert une méthode pour estimer la masse des nuages interstellaires.

Les étoiles naissent dans les nuages interstellaires, des régions dont la masse peut excéder un million de fois celle du Soleil. Le dihydrogène en est le principal composant. Mais un radiotélescope peut difficilement détecter cette molécule. Il est donc délicat d’estimer la masse de ces nuages. Des chercheurs de l’Institut de physique de Rennes (IPR) ont trouvé le moyen de déterminer cette masse en reconstituant, en laboratoire, les conditions qui règnent dans l’espace : « Le dihydrogène réagit avec le fluor et donne du fluorure d’hydrogène (HF), une molécule qui, elle, a pu être observée par le satellite Herschel, explique le physicien Sébastien Le Picard. Mais si la réaction avait été trop lente, ce qui aurait pu être le cas dans le milieu interstellaire où il peut faire -260 °C, la concentration de HF n’aurait pas été assez importante pour servir de traceur. » Dans leur caisson d’expérience, les chercheurs ont réussi à obtenir de façon stable une température assez basse. « Nous avons mesuré la vitesse de la réaction et montré qu’elle est finalement assez élevée. Cela est dû à un effet purement quantique que l’on appelle l’effet tunnel. » Des résultats théoriques obtenus aux universités du Havre et de Maryland, aux États-Unis, ont confirmé ces mesures expérimentales. Publiée dans la revue scientifique Nature Chemistry(1), la découverte permettra aux astrophysiciens de réévaluer la masse des nuages interstellaires, qui pourrait ainsi doubler par rapport aux premières estimations.

 

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