Prématurité : un pesticide mis en cause

Un pesticide utilisé en Guadeloupe dans les années 80 perturbe toujours les grossesses.

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mars 2014

S’il est interdit depuis 1993, le chlordécone, pesticide utilisé massivement dans les bananeraies en Guadeloupe, est toujours présent dans les eaux et les sols de l’île. Il en résulte une contamination de certaines denrées alimentaires, notamment celles provenant de jardins familiaux. Depuis plusieurs années, des chercheurs de l’Inserm de Rennes(1) et de Pointe-à-Pitre s’intéressent aux effets de ce perturbateur endocrinien sur les femmes enceintes et les enfants. Ils viennent de pointer, dans une publication datée du 8 janvier dernier(2), une association significative entre une exposition forte et une durée de grossesse raccourcie ainsi qu’un risque augmenté de prématurité (accouchement avant la fin du huitième mois de grossesse).

Pour mener à bien cette étude, les deux équipes ont créé la cohorte Timoun (enfant en créole). Entre 2005 et 2007, plus de 1000 femmes ont été incluses dans ce groupe au cours de leur troisième trimestre de grossesse. Le sang maternel prélevé lors de l’accouchement a permis d’évaluer l’exposition au chlordécone. En 2012, une première étude avait déjà montré un impact sur le développement des jeunes enfants de cette exposition(3). Les enfants sont toujours suivis aujourd’hui. Ces études permettent notamment d’inciter à la mise en place de moyens d’informations à destination des femmes enceintes.

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