Adapter les bateaux au travail

339
février 2016
MP
Créé en 1992, l'IMP oeuvre pour prévenir les risques professionnels maritimes et améliorer les conditions de vie et de travail des gens de mer.

La sécurité et le confort des pêcheurs doivent être les piliers de la conception des bateaux du futur.

En 2013, le nombre d’accidents du travail maritime (ATM) du secteur de la pêche s’élevait à 1073, soit environ la moitié des ATM tous secteurs confondus (cultures marines, commerce, services portuaires...)(1). Des accidents dus notamment à des chocs, des écrasements par des engins de pêche, à des coupures lors du tri, de l’éviscération ou encore du lavage des captures.

Concevoir le travail autant que le bateau

« Dans le cadre du projet de trimaran de pêche Mégaptère(2), l’armateur Arcobreizh nous a demandé de l’aider à réfléchir en amont aux agencements qui permettraient d’optimiser les conditions de travail à bord et de limiter ainsi le risque d’accident », explique Cédrik Renault, ergonome à l’Institut maritime de prévention (IMP), basé à Lorient. Un partenariat qui illustre la volonté de certains professionnels, porteurs d’un projet de construction neuve, de réfléchir à une meilleure adaptation du travail aux marins (et non l’inverse !).

Dans la peau des marins

C’est en embarquant sur des navires pratiquant le même type de pêche, en observant les conditions d’exécution du travail, en discutant avec les marins et en effectuant des mesures du bruit, que Cédrik Renault identifie les points positifs et négatifs relatifs à la sécurité et aux conditions de travail de l’équipage. « J’essaie toujours de me mettre dans la peau des marins, explique-t-il. Je me demande, par exemple, où ils se trouvent lorsque le chalut est affalé, s’ils voient bien ce qu’ils doivent voir, si le capitaine a bien une vision directe sur la manœuvre. » Vient enfin le temps des propositions d’aménagements : « Sur le pont principal du Mégaptère, plus large que d’ordinaire, nous allons probablement conseiller d’installer un convoyeur à bandes (NDLR : tapis roulant), pour déplacer les captures et éviter aux marins de porter chaque jour des dizaines de caisses lourdes. Tout en veillant bien sûr à ce que ce dispositif n’empiète pas sur l’espace nécessaire pour allonger le chalut. »

Moins de bruit !

La réduction du nombre d’accidents passe aussi par une distribution réfléchie des lieux de vie, loin des principales sources de bruit auxquelles les marins sont exposés 24 heures sur 24. « En éloignant les cabines des moteurs et des machines, les marins gagneraient en confort de repos, préconise l’ergonome. Moins de fatigue, c’est aussi moins d’accidents. » Sans oublier que le bruit nuit également à la bonne compréhension des consignes de sécurité et qu’il peut entraîner d’importants symptômes de surdité, une maladie professionnelle courante dans ce secteur.

Julie Danet

Ajouter un commentaire

LE DOSSIER