Portraits

H.Taillard/GPO
Franck Zal
49 ans

Docteur en biologie marine

Fondateur d’Hemarina, il a été interviewé par téléphone par Klervi L’Hostis depuis son bureau, à Morlaix.

«Je suis heureux d’aider à sauver des vies. J’accomplis mon rêve !»

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Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Difficile à dire, car la recherche m’a toujours passionné. Les émissions du commandant Cousteau m’ont fait voyager à travers le monde et m’ont donné envie d’être un aventurier, à la découverte de nouveaux territoires ou de nouvelles connaissances.

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Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Une molécule issue d’un ver marin, capable de transporter l’oxygène. Cette hémoglobine compatible avec le sang humain a de nombreuses applications médicales. Lors d’une transplantation, elle permet d’oxygéner un organe et donc de le conserver dans de bonnes conditions physiologiques entre le moment où il est prélevé chez le donneur et le moment où il est transplanté. Cette découverte donne du temps supplémentaire au chirurgien.

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Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Tout le temps ! Je suis très réceptif à l’imprévisible. Quand j’ai lancé Hemarina, je pensais développer un substitut sanguin universel à partir de l’hémoglobine de ver marin... c’était un peu comme si je voulais grimper au sommet de l’Himalaya en un jour ! Le hasard des discussions et des rencontres avec des gens qui ont d’autres compétences que les miennes m’a fait découvrir des possibilités que je ne soupçonnais pas.

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Qu’avez-vous perdu ?

Quand j’étais au CNRS, j’avais l’esprit pionnier de la recherche fondamentale. Je l’ai un peu perdu aujourd’hui, car quand on fait du développement de produits, on répond à un besoin précis dans un cadre réglementaire et selon des normes strictes. Et, pour l’instant, je ne peux plus partir en mission océanographique car je gère une entreprise. Mais ça fait partie de mon parcours, et je ne regrette rien. Je suis extrêmement heureux d’aider à sauver des vies. J’accomplis mon rêve !

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Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

Je pars du principe que la recherche ne doit pas se fixer de limites, sinon on tombe dans l’obscurantisme. Si un chercheur a peur que ses découvertes soient mal perçues, il devient contre-productif. Certains sujets font débat, c’est normal, nous sommes humains, ce n’est pas pour autant qu’il faut s’interdire de penser.

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Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Celle que l’on a faite a déjà bouleversé ma vie !

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Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

D’être trop rationnel ! Pour pouvoir innover, il faut rêver, imaginer, suivre ses intuitions. Elles ne sont ni réelles, ni rationnelles, mais elles peuvent le devenir. Au début, on vous prend pour un fou, ensuite, on vous dit que ce que vous faites est dangereux, et puis on finit par vous dire “c’était évident, on y avait pensé bien avant vous !”

Interviewé par
Klervi L'Hostis

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