À la recherche du navire disparu

372
mai 2019
Après la découverte des épaves de la Dauphine et de l’Aimable Grenot en baie de Saint-Malo, les archéologues veulent aujourd’hui retrouver la Marie Cordelière, coulée en rade de Brest.
J. Le Lay / Adramar

Où est passée la Marie Cordelière ? Historiens et sédimentologues enquêtent.

La Marie Cordelière n’a jamais été retrouvée. En 1512, le navire amiral d’Anne de Bretagne coule à la suite d’un combat épique contre le vaisseau anglais le Regent. Son capitaine Hervé de Portzmoguer s’est engagé face à l’Anglais pour couvrir l’escadre en fuite. L’abordage s’est terminé par la disparition des deux navires en rade de Brest.

S’approcher des trésors
Teddy Seguin / ADRAMAR/ DRASSM

La découverte en 2007 d'un tonneau lors des fouilles de deux épaves corsaires du 18e siècle, près des roches de la Natière à Saint-Malo.

L’archéologie marine est mise en valeur.

Les côtes bretonnes regorgent de trésors engloutis. Le troisième et dernier appel à projets Neptune(1) est lancé par la Région Bretagne pour aider des acteurs locaux à réaliser des projets d’archéologie sous-marine. « Nous voulons valoriser la richesse patrimoniale de ce qui est sous la mer », explique Anne Galo, vice-présidente de la Région en charge du tourisme et du patrimoine.

Le long du littoral

L’année dernière, sept projets ont été retenus. Un an après, les porteurs de projet 2018 reviennent sur leurs actions. Trois d’entre eux(2) ont pour but de retrouver la Cordelière (lire ci-contre). Mais des centaines d’autres épaves se trouvent le long des 2700 kilomètres de côtes bretonnes. Basée à Saint-Malo, l’Adramar(3) a pour mission de les répertorier sur une route virtuelle consultable en ligne (Atlas Ponant). « Cet été, les randonneurs bretons pourront découvrir ce patrimoine immergé au gré de leur cheminement le long du littoral », explique l’archéologue Anne Hoyau-Berry. L’association participe à la valorisation des “Ancres du Stole”, aux côtés de la ville de Ploemeur (Morbihan). Ce site archéologique sous-marin met en scène un ancien mouillage... sous l’eau ! Équipés d’un masque et d’un tuba, les curieux peuvent admirer, en plongée, des ancres du 18e siècle. Ce site méconnu sera mis en valeur par des panneaux signalétiques.

Le Musée du sous-marin de Lorient accueille un petit robot téléguidé. Équipé d’une caméra haute définition(4), ce ROV(5) va photographier des épaves de la Première Guerre mondiale. « Nous voulons offrir à nos visiteurs un espace sous-marin encore intact », indique Christophe Cerino, le président du musée.

Art et sciences

Quant à l’École européenne supérieure d’art de Bretagne, elle propose à ses élèves de réinterpréter des sites archéologiques sous-marins sous une forme artistique (sculpture, photo ou vidéo). Une exposition associant l’art et la science sera ainsi créée en 2020.

Tabs

Morgane Guillet

Ajouter un commentaire

L'ACTUALITÉ