Plus fort qu’un GPS, la centrale inertielle
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Pour se repérer, des navires et des satellites sont équipés d'un boîtier iXblue fabriqué à Lannion.
Comment se repérer au fond des mers ou autour de la Terre ? Avec une centrale inertielle. « Cet appareil calcule la position d’un véhicule de manière autonome, sans GPS(1), quel que soit le lieu où l’on se trouve », indique Thomas Loret, responsable des opérations inertielles d’iXblue, à Lannion. Ce groupe qui compte 600 employés en France, dont 70 dans le Trégor, est un leader mondial dans ce domaine. Ses boîtiers intègrent des engins de haute technologie, comme le satellite Planck.
Position et orientation
Deux types de capteurs sont nécessaires pour fabriquer une centrale inertielle. L’un mesure l’accélération, l’autre est un capteur de rotation, appelé gyromètre. Un calculateur combine leurs données pour connaître la position et l’orientation. « Nous sommes l’une des rares entreprises au monde à maîtriser ces deux technologies, de la conception à la fabrication. Il y a encore cinq ans, nous achetions les accéléromètres aux États-Unis. Nous étions soumis à des règles d’import-export très strictes.Nous sommes désormais indépendants. C’est un critère déterminant pour de nombreux clients. »
Un tube de silice
Au cœur des boîtiers, le composant- clé est la fibre optique. Un fil de silice(2) plus fin qu’un cheveu a la propriété de conduire la lumière. Les ateliers d’iXblue à Lannion produisent 150 types de fibre optique ! « Nous fabriquons d’abord un tube de silice de quelques centimètres de diamètre, explique Thierry Robin, responsable recherche et développement. Il est ensuite étiré sur plusieurs kilomètres. » En haut des quinze mètres de la tour de fibrage, le filament s’écoule rapidement. En bas, il est revêtu d’une couche protectrice en plastique, puis enroulé sur une bobine. Il faut alors tester sa solidité. « Nous déroulons la fibre en la tirant sur une courte durée, pour vérifier qu’elle ne casse pas. » Quand une bobine est placée dans un satellite, mieux vaut être sûr de sa résistance.
Cap, roulis et tangage
La fibre optique testée est soigneusement enroulée pour constituer les gyroscopes(3). Cela demande une certaine expérience. « Ce n’est pas une pelote de laine, l'embobinage doit être précis à quelques micromètres près ! » souligne Thomas Loret. Dans une salle voisine, les centrales sont assemblées en associant gyroscopes et accéléromètres. « Sur un bateau, cela permet d’avoir la position mais aussi le cap, le roulis et le tangage. »
Cette grande précision plaît aux marins. Le système d’iXblue est embarqué sur les catamarans de la course internationale SailGP, qui s’achève le 22 septembre à Marseille. Ces boîtiers équipent aussi les nouvelles frégates de la Marine nationale. La défense et le secteur de l’offshore sont demandeurs de centrales inertielles pour les sous-marins. Les ondes radio pour le positionnement GPS ne passent pas sous l’eau… Et pourquoi dépendre d’un système de positionnement lié aux satellites américains ?
1. Global positioning system.
2. Principal constituant du sable de la plage.
3. Un gyroscope permet de mesurer les mouvements de rotation.
Thomas Loret
thomas.loret@ixblue.com
Thierry Robin
thierry.robin@ixblue.com
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