« L’anthropologie est devenue ma passion »
Portrait
Anthropologue1 au CNRS2 et spécialiste du littoral, à Brest
Médecin de campagne, pour être utile et prendre soin des gens ! J’essaye de le faire dans ma pratique d’anthropologue en écoutant leurs paroles, pour rendre compte de ce qu’ils vivent et ressentent.
Des milliers de choses ! Mais mon métier consiste à les rendre accessibles. Je veux rendre intelligible l’expérience de vie des personnes que j’interviewe. Les vécus sont très différents, que l’on soit agriculteur, pêcheur ou simple touriste qui vient à la mer une fois l’an mais en rêve toute l’année.
Oui, très souvent. En restant longtemps au bon endroit, les situations deviennent intéressantes. Tout à coup, un groupe de personnes vous raconte plein de choses ! Je ne leur parle pas directement de ce qui m’intéresse, j’attends qu'elles le fassent. Mes pistes d’analyse en émergent.
Un carnet de notes rempli, quand j’étais sur le terrain en Chine, en 2011. J’ai mis six mois pour m’en remettre ! J’enquêtais sur les marées vertes en baie de Qingdao, dans le Shandong.
J'allais dire... la vérité ! L’anthropologue doit rester ouvert à différentes logiques de pensée et d’action. Il n’y a pas une seule vérité, mais plusieurs.
Avoir un corps très résistant et une capacité d’écoute infinie, pour mieux travailler ! Plus sérieusement, cette découverte, je l’ai déjà faite. C’est l’anthropologie, qui est devenue ma passion ! Je n’étais pas chercheuse auparavant. Ce métier a changé ma vie.
Il y a une diversité de rationalités, de visions de ce qui est logique, selon les cultures et les groupes sociaux. Certaines représentations de ce qui est vrai s’imposent. Cela ne veut pas dire qu’elles ont plus de valeur que d'autres.
1. L’anthropologue s’appuie sur plusieurs sciences pour étudier l’homme dans sa globalité.
2. À l’unité de recherche Amure à Brest (UBO, Ifremer, CNRS).
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