« L’anthropologie est devenue ma passion »

Portrait

N° 378 - Publié le 22 janvier 2020
Xavier Dubois
L'épreuve par 7
Alix Levain

Anthropologue1 au CNRS2 et spécialiste du littoral, à Brest

Magazine

4513 résultat(s) trouvé(s)
Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheur ?

Médecin de campagne, pour être utile et prendre soin des gens ! J’essaye de le faire dans ma pratique d’anthropologue en écoutant leurs paroles, pour rendre compte de ce qu’ils vivent et ressentent.

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Des milliers de choses ! Mais mon métier consiste à les rendre accessibles. Je veux rendre intelligible l’expérience de vie des personnes que j’interviewe. Les vécus sont très différents, que l’on soit agriculteur, pêcheur ou simple touriste qui vient à la mer une fois l’an mais en rêve toute l’année.

Le hasard vous a-t-il déjà aidé ?

Oui, très souvent. En restant longtemps au bon endroit, les situations deviennent intéressantes. Tout à coup, un groupe de personnes vous raconte plein de choses ! Je ne leur parle pas directement de ce qui m’intéresse, j’attends qu'elles le fassent. Mes pistes d’analyse en émergent.

Qu’avez-vous perdu ?

Un carnet de notes rempli, quand j’étais sur le terrain en Chine, en 2011. J’ai mis six mois pour m’en remettre ! J’enquêtais sur les marées vertes en baie de Qingdao, dans le Shandong.

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

J'allais dire... la vérité ! L’anthropologue doit rester ouvert à différentes logiques de pensée et d’action. Il n’y a pas une seule vérité, mais plusieurs.

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

Avoir un corps très résistant et une capacité d’écoute infinie, pour mieux travailler ! Plus sérieusement, cette découverte, je l’ai déjà faite. C’est l’anthropologie, qui est devenue ma passion ! Je n’étais pas chercheuse auparavant. Ce métier a changé ma vie.

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

Il y a une diversité de rationalités, de visions de ce qui est logique, selon les cultures et les groupes sociaux. Certaines représentations de ce qui est vrai s’imposent. Cela ne veut pas dire qu’elles ont plus de valeur que d'autres.

PROPOS RECUEILLIS PAR Nicolas Guillas

1. L’anthropologue s’appuie sur plusieurs sciences pour étudier l’homme dans sa globalité.
2. À l’unité de recherche Amure à Brest (UBO, Ifremer, CNRS).

TOUS LES PORTRAITS

Abonnez-vous à la newsletter
du magazine Sciences Ouest

Suivez Sciences Ouest