Poppy soulage le mal de dos

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janvier février 2021
L'incendie de Rennes, décembre 1720
IMT ATLANTIQUE
On lève les deux bras… Le petit robot Poppy, ici avec le chercheur Alexandre Devanne, indique les gestes à reproduire.

À Lorient et Brest, un robot indique précisément aux patients les gestes conseillés par le kinésithérapeute.
Ça soulage.

Une douleur du dos peut être prise en charge par… un humanoïde ! Le projet Keraal1 a consisté à programmer et ajuster un coach de 80 cm, le robot Poppy, pour accompagner une personne dans sa rééducation. Ce projet est mené dans le cadre de la chaire Maintien@Domicile2 (M@D) qui rassemble l’UBS, l’IMT Atlantique, ainsi que le centre de rééducation de Kerpape. Les équipes de recherche, à Lorient et Brest, disposent chacune d’un appartement transformé en laboratoire, appelé living lab3, pour mettre sur pied le robot Poppy. « C’est le seul à posséder une colonne vertébrale, un atout précieux pour mimer les mouvements humains », explique André Thépaut, le co-directeur scientifique de la chaire M@D.
Poppy est muni de capteurs. Il observe les professionnels de santé et assimile les exercices. Il peut aussi détecter et corriger les mou-vements d’une personne en rééducation. « Les kinés étaient réticents, mais nous avons réussi à les convaincre ! Le robot ne va pas les remplacer. Il va les soulager d’une partie répétitive de leur travail, pour leur permettre de se consacrer à d’autres tâches. »

Gestes mieux perçus qu'à l’écran

Jusqu’à fin 2018, une étude clinique a été menée au CHRU de Brest avec 30 personnes souffrant de mal de dos. La moitié d’entre elles a suivi des séances de rééducation avec Poppy. Les résultats sont probants. « Les mouvements sont mieux perçus qu’en regardant un écran. Les résultats sont similaires à ceux obtenus via un processus classique, avec de vrais kinés », précise André Thépaut.
L’humanoïde a déjà subi des ajustements, comme l’ajout d’axes de rotation aux poignets, nécessaires pour des positions particulières. Et ce n’est qu’un début. Les ingénieurs veulent élargir la palette d’exercices envisageables.
« Nous allons équiper le robot d’une cage thoracique, afin d’inclure des mouvements de respiration. De petites lumières (Led) vont être ajoutées aux articulations, pour insister sur un genou ou un coude. »

Réeducation à domicile

Généraliser une telle approche offrirait la possibilité d’une rééducation à domicile, une option plébiscitée en ces temps de Covid-19. Les données seraient stockées par le robot, puis analysées à distance par le kiné. À l’avenir, Poppy pourrait aussi se pencher sur l’analyse des émotions du patient. « En fonction de son rythme cardiaque, de sa sudation, ou de l’expression de son visage, le robot pourra personnaliser les séances. Nous allons soumettre ce projet à l’ANR4 en 2021 » conclut-il.

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BENJAMIN ROBERT

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