Les amphibiens à la loupe

Actualité

N° 429 - Publié le 25 avril 2025
Emmanuel Holder
En Bretagne, le crapaud calamite est une espèce quasi menacée : son aire de distribution est peu étendue et ses effectifs sont en déclin.

Menacés par la destruction de leur habitat et le changement climatique, les amphibiens sont suivis de près par les scientifiques.

L’alerte sur la santé des amphibiens est régulièrement sonnée par les experts de Bretagne Vivante. « On suit ces populations depuis longtemps grâce à notre réseau de naturalistes, indique Régis Morel, chargé de mission au sein de l’association. De décembre à mai, c’est la période de reproduction, donc il faut être particulièrement attentif. » Crapauds, grenouilles, tritons et salamandres font face à deux dangers : la régression de leur habitat et les changements globaux.

« L’artificialisation des milieux naturels, la fragmentation des paysages, l’agriculture conduite de façon trop intensive… Chaque obstacle supplémentaire les fragilise, précise Stéphane Wiza, expert amphibiens et reptiles à Bretagne Vivante. On l’oublie souvent, mais ces espèces n’ont pas seulement besoin de zones aquatiques. Il faut aussi qu’elles soient interconnectées avec des zones terrestres, puisqu’une phase entière de leur vie se déroule hors de l’eau. »

Suivi des populations


Grâce à l’observatoire herpétologique1 que l’association pilote depuis 2020 avec VivArmor Nature, les naturalistes ont analysé les données récoltées ; elles sont aujourd’hui à la disposition de tout un chacun, du grand public aux décideurs politiques. Ainsi, les scientifiques peuvent « utiliser cette gigantesque base de données pour leurs recherches », comme c’est le cas au laboratoire Ecobio, à Rennes, où des généticiens étudient, entre autres, les grenouilles vertes. « Nous essayons aussi de jouer sur les stratégies locales et régionales d’aménagement et de préservation, indique Régis Morel, le responsable régional de cet observatoire. C’est notre mission, en tant qu’association, de s’appuyer sur les connaissances pour participer à ces processus ». De quoi tenter de préserver les quinze espèces d’amphibiens que l’on trouve en Bretagne, alors que plus des trois quarts d’entre elles connaissent un déclin à l’échelle nationale de l’ordre de 30 % depuis quinze ans.

Anna Sardin

1. Relatif aux reptiles et aux amphibiens.

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