De la centrale à la prise électrique

Électricité : histoires, usages et défis

N° 434 - Publié le 9 janvier 2026
© SZYMANSKIM / ADOBE STOCK

L’électricité parcourt un long chemin avant d’arriver chez nous. Et si son transport est aujourd’hui largement maîtrisé, le stockage reste un maillon manquant de la transition énergétique.

Derrière chaque ampoule allumée ou radiateur enclenché, un équilibre délicat s’opère : celui entre la production et la consommation d’électricité. En France, ce réglage permanent repose sur une surveillance continue du réseau électrique et une adaptation en temps réel de la production. Cependant, cette régulation instantanée n’est possible qu’avec les moyens de production dits pilotables, soit les filières nucléaires et fossiles. Les énergies renouvelables, dépendantes des conditions météorologiques, ne permettent pas un ajustement aussi réactif. Alors qu’en 2024, 67 % de la production électrique était d’origine nucléaire en France, en Bretagne, ce sont les énergies renouvelables qui dominaient la production locale, à 76 %.

Stocker pour décarboner


Dans cette perspective, le développement de solutions de stockage de l’électricité constitue un levier essentiel pour accroître la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique. « Le stockage de l’énergie solaire produite en grande quantité en été pour une utilisation hivernale serait un schéma idéal », illustre Anne Blavette, chercheuse à l’IETR1 à Rennes. Néanmoins, souligne-t-elle, « à ce jour, aucun moyen de conservation à grande échelle et économiquement viable n’a encore été mis au point ».

Si le stockage demeure un défi majeur, la question du transport de l’électricité est, elle, déjà maîtrisée à grande échelle. Une fois produite, elle est convoyée dans l’Hexagone par Réseau de transport d’électricité (RTE), grâce à 100 000 kilomètres de câbles en cuivre ou en aluminium. Ceux-ci peuvent être souterrains, mais aussi aériens, et relient alors de grands pylônes métalliques espacés de plusieurs centaines de mètres. Et plus ces structures sont hautes, plus la tension électrique au sein des câbles qu’elles supportent est élevée. En effet, RTE transporte l’électricité à haute et très haute tension — jusqu’à 400 000 volts — afin de minimiser la perte d’énergie lors de son transfert.

Postes sources


L’électricité est ainsi acheminée jusqu’à des postes sources, un élément du réseau à partir duquel l’entreprise Enedis prend le relais. Situés à l’extérieur des villes ou enterrés en leur sein, « ces postes sont le lieu d’abaissement de la tension électrique », explique Pascal Pouzac, directeur régional d’Enedis en Bretagne. À partir de ceux-ci, l’électricité est distribuée sur des réseaux de câbles à moyenne et basse tension — de 20 000 à 230 volts — jusque chez les particuliers. Ces réseaux sont généralement déployés sur des poteaux en bois ou en béton, séparés les uns des autres d’une centaine de mètres. Finalement, « le réseau de RTE peut être assimilé aux routes nationales en France, et celui d’Enedis aux routes départementales et communales », résume Pascal Pouzac.

Charles Paillet

1. Institut d’électronique et des technologies du numérique.

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