Les chiens malades de nous

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janvier 2009
© Christelle Garreau
Le chien partage la vie quotidienne et l’environnement de l’homme et développe spontanément les mêmes maladies que lui.

Le modèle utilisé par des chercheurs rennais pour comprendre les maladies génétiques humaines ne manque pas de chien !

«Le chien partage notre vie quotidienne, il est soumis aux mêmes effets de l’environnement. » Voilà pourquoi c’est un bon modèle pour comprendre les maladies génétiques humaines.
« En sélectionnant les chiens sur des caractéristiques morphologiques et comportementales, les hommes ont, sans le savoir, sélectionné en même temps de nombreuses maladies génétiques, spécifiques des races », explique Catherine André coresponsable avec le Pr Francis Galibert de l’équipe Génétique du chien, à l’Université de Rennes1(1).
Ces maladies surviennent avec de très fortes fréquences et sont les mêmes que chez l’homme. Le chien les développe spontanément, sans qu’on les provoque, contrairement aux rongeurs utilisés comme modèles dans les laboratoires. 

L’ADN de 5 000 chiens

Parmi les maladies étudiées, des cancers, partagés par l’homme et le chien, comme les mélanomes, l’histiocytose maligne ; des épilepsies chez le grand bouvier suisse, le berger des Pyrénées, les golden retrivers, les cane corso... Les travaux sur la dysplasie de la hanche, qui touche de nombreuses races de chiens dont l’épagneul breton, permettent de faire des analogies avec la luxation de la hanche chez l’homme, très fréquente en Bretagne. Pour mener à bien ses recherches, le laboratoire gère une banque d’ADN canins : un grand frigo dans lequel sont soigneusement rangés les ADN de 5 000 chiens !

Demain, Catherine André s’en va à un congrès de vétérinaires. « Il y a dix ans, j’avais quatre auditeurs. Il y en a maintenant dix fois plus. Et nous avons récemment recruté deux vétérinaires dans notre équipe. » Car, pour l’équipe, les chiens sont des patients. Le travail fait sur l’identification des allèles responsables de maladies sert pour la médecine humaine, mais aussi pour mettre au point des outils de dépistage pour la médecine vétérinaire et les éleveurs.

Le chien, modèle génétique unique ?

Après 15 ans d’efforts pour faire reconnaître le chien comme un modèle génétique unique pour l’homme, mais aussi pour le chien lui-même, le laboratoire n’a jamais obtenu de financement de ce côté-ci de l’Atlantique. Tout est venu des États-Unis où de nombreuses collaborations ont été développées. Pourtant, petit à petit, les généticiens en « humaine » se tournent vers le chien. L’Europe a entrouvert son portefeuille cette année... Enfin !

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Christelle Garreau

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