Tara de passage à Roscoff

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mars 2009
Après quatre jours passés à Roscoff, Tara est parti rejoindre Lorient, son port d’attache.
© Alice Vettoretti

Le voilier Tara a fait escale à Roscoff, où des chercheurs sont impliqués dans la prochaine mission sur la biodiversité.

Un an après son retour de mission en Arctique(1) et un séjour à Paris, le voilier d’expédition polaire Tara s’est arrêté à Roscoff du 18 au 21 février. Pour donner le coup d’envoi scientifique de sa future mission – Tara-Oceans(2) –, sur l’exploration de la biodiversité des océans
Pris dans les glaces, le bateau a dérivé pendant 507 jours, depuis le nord-est de la Russie, jusqu’à l’est du Groenland. Les chercheurs se sont relayés dans cette base mobile pour étudier la température de l’air et de l’océan, principaux responsables des modifications de la glace. Elle s’est amincie de 50% en moyenne, ce qui la rend plus mobile sous l’effet des vents polaires. Les scientifiques s’attendaient à une accélération, mais la vitesse de dérive de la banquise est en réalité deux fois plus rapide que leurs prévisions. Une surprise pour les occupants du bateau, qui ont été libérés avec sept mois d’avance !

Les archives de l’océan

Dans un contexte climatologique où l’océan devient plus acide, les chercheurs se posent des questions sur l’évolution de la biodiversité. Leur objectif, lors de la prochaine mission de Tara, est de collecter un maximum d’organismes : virus, méduses, larves de poissons, bactéries, protistes. « Pour constituer, d’ici 2010-2012, des archives de l’océan », explique Colomban de Vargas, chercheur à la station biologique de Roscoff et un des coordinateurs du programme. Ils mettront notamment le cap sur une zone naturellement acide, située entre les Marquises et les Galápagos, qui les aidera à prédire les effets de l’acidification sur la biodiversité.
En attendant son prochain départ, prévu le 4 septembre 2009, Tara a quitté Roscoff pour Lorient, où il va subir des révisions et des modifications. Comme l’installation de laboratoires, dont un sera équipé d’un prototype de microscope permettant d’observer l’intérieur d’un organisme vivant par plans successifs. « Jean-Louis Étienne avait construit un bateau pour les milieux polaires. Mais cette fois, Tara va passer l’équateur », commente le capitaine, Hervé Bourmaud. L’installation de la climatisation est aussi prévue !

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Alice VETTORETTI

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