Nettoyage au cœur du sédiment

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juin 2009
Boues et sédiments pollués par le naufrage de l’Érika ont été acheminés vers un bassin de décantation imperméable de 20 000 m3 créé sur la plage de Pen Bron (Croisic), avant d’être traités.
© DR

La traque de la pollution jusque dans les sédiments. C’est ce qui a fait germer une petite société rennaise devenue prospère.

Avant de devenir verte, Idra Environnement a commencé par broyer du noir ! C’est pour dépolluer un site endommagé par le naufrage de l’Érika, que la toute jeune entreprise a été appelée en 2001.
Un premier chantier qui a fait sa renommée. « Il s’agissait d’un site très sensible : le trait du Croisic, à l’entrée des marais salants de Guérande, explique Fabrice Beraud, l’un des trois créateurs de l’entreprise. La nappe de pétrole avait coulé et pollué les sédiments. Nous avons gagné l’appel d’offres sur performances. » Car c’est bien là le cœur de métier d’Idra Environnement : le dragage, puis la dépollution des sédiments. 

Des polluants neutralisés et recyclés

Cette activité innovante est le résultat de l’adaptation, aux sédiments, de techniques de dépollution utilisées pour le traitement des sols et de l’eau. « Nous réalisons un tri granulométrique des sédiments, qui permet de diminuer le volume de matières polluées, donc de faire baisser les coûts de traitements. » La technique s’est même améliorée au fil des années. Le sédiment trié est stabilisé, c’est-à-dire transformé pour passer de l’état pâteux à un aspect proche de celui de la terre. Les molécules de polluants, toujours présentes, ne peuvent plus être relarguées dans l’environnement, mais le matériau, lui, peut être recyclé : pour faire des routes, de l’aménagement de paysages, de la couverture de décharges... Autre spécificité d’Idra Environnement : « Tout notre matériel est mobile. On va traiter chez le client. »

Concurrente des grands groupes

Créée en 1999 par trois collègues de promotion de l’École des métiers de l’environnement (à Bruz, sur le campus de Ker Lann - 35), Idra Environnement fut une des premières jeunes pousses accueillies dans Emergys, l’incubateur breton d’entreprises, qui fête ses dix ans cette année. Pendant cette décennie, l’entreprise s’est diversifiée, tout en restant dans le secteur de l’environnement. Elle est aujourd’hui une holding (Artesa) composée de quatre sociétés et compte vingt-cinq salariés. Ses concurrents sont les grands groupes (Véolia, Sita, Vinci), et la petite Rennaise a encore plus d’un tour dans son sac. Elle s’attaque maintenant au traitement de déchets dangereux secs tels que les résidus d’incinération. Le brevet est déposé, reste à lancer la phase de commercialisation.

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Nathalie BLANC

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