Des bus qui dictent le trajet

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mars 2010
© Nicolas Guillas
Testé à Rennes, le projet de panneau multimédia dans les bus est adaptable à n’importe quelle grande ville.

Après une étude sur les usages, ce projet de panneau multimédia dans les bus a peut-être trouvé un autre public que prévu.

Les tests s’enchaînent dans le Laboratoire d’observation des usages des Tic (Loustic), à Rennes. Cette fois, c’est l’intérieur d’un bus qui a été reconstitué dans les couloirs, « pour tester, entre autres, la distance à laquelle il est possible de lire sur un écran pour différents types d’usagers », explique Sylvain Fleury, impliqué dans le projet Sive dans le cadre de son stage professionnel de psychologue.

Labellisé par le pôle de compétitivité Images et Réseaux et piloté par l’entreprise Kerlink (solutions de communication machine-to-machine), le projet Sive(1) consiste à concevoir un système d’informations voyageur embarqué dans les bus et adaptable au réseau de transport de n’importe quelle grande ville. Reliés à des GPS, ces panneaux permettraient de géolocaliser des informations relatives au trajet (description de l’environnement, temps de trajet...), citoyennes, voire publicitaires.

Une nouvelle idée

« Nous avons commencé par interroger les gens aux arrêts de bus pour savoir comment ils recevaient l’idée de ces panneaux », précise Sylvain Fleury. De là est née une nouvelle idée : l’intégration du handicap dans ce projet. « Même si cela est encore techniquement compliqué, on peut très bien imaginer le transfert des informations du panneau sur le téléphone portable d’une personne non voyante, par exemple. » 80 utilisateurs dont une trentaine de personnes handicapées ont déjà été interviewés pour connaître leurs attentes. Les premiers résultats montrent que la publicité n’est pas forcément souhaitée par les voyageurs. L’accès aux informations adaptées au handicap doit être une démarche volontaire, via la récupération des informations sur le téléphone portable, par exemple, pour éviter de passer par la détection automatique des voyageurs (idée de profilage) et la stigmatisation des personnes handicapées.

« Le projet initial a beaucoup évolué, note Éric Jamet, directeur du Loustic. On attend maintenant de faire les tests dans un vrai bus. Nous sommes en ce moment en discussion avec Rennes Métropole. » Il ne faudra pas le rater.

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Nathalie Blanc

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