Trouver l’introuvable...

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avril 2010

Un moteur de recherche nouvelle génération, imaginé par une jeune entreprise rennaise, répond aux demandes les plus complexes.

Tapez “restaurant Vannes” sur Google : en moins d’une seconde, une liste plus qu’exhaustive apparaît. Maintenant, corsez l’affaire en ajoutant “restaurant Vannes à côté d’un cinéma diffusant Avatar à 20h15”... et n’importe quel moteur de recherche sera perdu ! Car il compulse les informations grâce à des mots-clés. Et trop de mots-clés renvoient à trop de pages Web différentes, qu’il ne sait pas associer. D’où l’objectif de la société rennaise Semsoft, née en juillet 2009, de mettre au point un système de médiation Internet. « Un logiciel qui analyse le sens de la demande et va interroger plusieurs sources d’informations pour y répondre au plus près », explique François Paulus, directeur de la jeune société. Une première sur le Net.

Suivez les flèches

Dans le monde de l’entreprise par contre, l’autre domaine dans lequel Semsoft peut percer, cette approche existe déjà. « Pour qu’un entrepreneur puisse savoir le nombre de clients qu’il a perdus sur une année, il doit pouvoir rassembler des données fichiers clients et du service après-vente. Des logiciels sont donc capables d’aller chercher des infos “rangées” dans différents secteurs de l’entreprise (facturation, salariés, SAV...), mais uniquement si les chemins sont fléchés à la main, lors de la configuration du logiciel. Pour tel type de renseignements, aller dans tel puis tel dossier... Si l’un des secteurs sources disparaît, il faut changer les adresses à la main...»

Le bon langage

Semsoft, lui, fait preuve de plus d’autonomie. « Il peut choisir seul les sources qu’il va interroger. Car il comprend le type d’informations que le site demande (un code postal, un horaire, un nom...) et celui affiché en retour. » Il peut alors exécuter, automatiquement, ce que nous faisons pour l’instant à la main : aller voir un premier site qui donne les adresses des cinémas vannetais diffusant Avatar à 20h15, réinjecter ces adresses dans un site répertoriant les restaurants par lieu. Et vous donner un résultat en quelques secondes, contre au moins une bonne dizaine de minutes avec la méthode classique, pour les plus rapides d’entre nous. Pour atteindre de telles performances, Semsoft a travaillé avec une équipe de l’université de Paris Sud, qui planche sur le sujet depuis plus de 10 ans. « Il a fallu imaginer une nouvelle façon d’organiser les connaissances, c’est très long ! »

Semsoft ouvert à tous ?

Aujourd’hui, Semsoft compte quatre personnes et se partage entre la R&D et le développement de son offre. « Nous avons encore du chemin à faire avant de proposer une offre packagée, que ce soit pour Internet ou pour le service aux entreprises auquel nous nous intéressons aussi, évalue l’entrepreneur. Mais nous avons déjà un contrat d’assistance technique chez Orange, entreprise où j’ai travaillé pendant plusieurs années. Il porte sur la Vidéo à la demande (VOD). Lorsque le fournisseur d’accès récupère des films, il doit chercher des informations : résumé, acteurs, date... afin de créer une fiche à proposer à ses clients. Semsoft permet de trouver ces détails rapidement. » La jeune société participe également à un projet de l’Agence nationale de la recherche sur la notion de sécurité et d’authentification. Côté développement, François Paulus regarde du côté des logiciels libres que chacun (avec  quelques connaissances techniques) peut venir enrichir. « Un  phénomène  que l’on  ne peut  pas ignorer », admet-il. 

La Bretagne et ses Tic

Dans les années 60, l’arrivée d’entreprises du secteur des télécommunications (Alcatel-Lucent, France Télécom...) implante les Technologies de l’information et de la communication (Tic) autour de trois grandes villes : Rennes, Lannion et Brest. Elles sont à présent le second poumon économique de la région, derrière l’agroalimentaire, avec 44000 emplois, un chiffre stable depuis 2008-2009. Si les grands groupes sont mis en difficulté par la crise économique, la filière dans l’ensemble résiste plutôt bien.

Mais depuis la fin des années 90, elle a délaissé son organisation centrée sur de grands donneurs d’ordres industriels, au profit d’un fonctionnement en réseau, structuré, par exemple, autour du Pôle de compétitivité Images et Réseaux. Les services aux entreprises ont également pris le pas sur les activités de productions (électroniques...). Dans un rapport(1), remis en juin 2009 à la Région, l’agence économique de Bretagne établit des recommandations pour accompagner ces mutations. Parmi les priorités, l’ouverture à d’autres filières. Des réflexions sont menées, depuis septembre, avec les secteurs agroalimentaire, mer et automobile. Car, aux plans régional comme national, les entreprises les plus compétitives aujourd’hui sont celles qui osent s’emparer des Tic.

Renseignements encadré : 
Renan L’Helgoualch Tél. 02 99 84 53 00 r.lhelgoualch@agence-eco-bretagne.com

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Céline Duguey

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