L’Atlantique ne manque pas de sel !

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septembre 2010
© IFREMER – OVIDE

Quelques semaines après sa dernière campagne d’observation de l’Atlantique Nord, le programme Ovide livre ses premières conclusions.

La teneur en sel de l’océan Atlantique Nord a augmenté ces dernières années. C’est le constat réalisé par les scientifiques du programme d’observation Ovide, partis pour leur cinquième et dernière campagne d’observation, du 7 juin au 10 juillet derniers. « Ce phénomène est dû à un changement dans les courants qui régulent cette partie du globe, explique la chef de mission Virginie Thierry, du Laboratoire brestois de physique des océans(1).

Les courants de surface transportent les eaux plus chaudes et plus salées du sud vers le nord, où ils se mélangent aux eaux nordiques, plus froides et peu salées, qui, elles, transitent en profondeur du nord au sud. L’influence des eaux tropicales salées s’est accrue depuis notre première campagne, en 2002. »

Empruntant le même itinéraire tous les deux ans, avec les mêmes instruments, comme une bathysonde composée de différents capteurs et bouteilles de prélèvement (cf. photo), l’équipe Ovide a également confirmé l’affaiblissement des capacités de stockage en CO2 du grand bleu. « Lorsque les courants de surface, refroidis, plongent en profondeur, ils enfouissent avec eux du carbone. Les volumes capturés ont diminué de 50% entre 1995 et 2006. » La diminution est trop rapide pour être imputée au réchauffement climatique. Mais comprendre le phénomène pourra aider à anticiper l’avenir. Car la situation risque de se dégrader. « La capacité de stockage diminue lorsque le taux de CO2 dans l’atmosphère augmente, c’est un cercle vicieux. » Le programme Ovide va livrer encore d’autres informations, sur l’évolution des courants. « L’idéal, à présent, serait de poursuivre les mesures tous les cinq ou sept ans, pour surveiller et affiner les modèles. »

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Renseignements

Virginie Thierry
Tél. 02 98 22 42 83
vthierry@ifremer.fr

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