Association de bienfaiteurs

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janvier 2011
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Les microvaisseaux (en vert) qui courent le long d’un muscle de xénope (en rouge) sont visualisés grâce à l’émission, induite par excitation multiphotonique dans le proche infrarouge, des nanoparticules fluroescentes injectées en infime quantité dans le système vasculaire.

Fabriquées et miniaturisées grâce à la chimie, des particules lumineuses permettent de voir et de détruire des cellules.

Dans son laboratoire de chimie photonique moléculaire de l’Université de Rennes1, Mireille Blanchard-Desce joue avec les propriétés de la lumière, à l’interface de la chimie, de la biologie et de la physique. Elle associe des chromophores de petite taille à des particules de transport non toxiques pour aller éclairer un organe ou une tumeur de façon très précise à l’intérieur d’un organisme(1).

Un brevet et une start-up

« Aujourd’hui, nous allons plus loin : nous sommes capables d’utiliser ce rayonnement pour détruire », explique-t-elle. Les travaux qu’elle mène avec son équipe et des biologistes de Montpellier portent sur des chromophores encapsulés dans des particules de silice et capables d’aller cibler des cellules cancéreuses. « Les tests effectués in vitro et in vivo sur la souris ont été très concluants et nous avons déposé un brevet CNRS en 2009, poursuit-elle. Nos collègues de Montpellier envisagent même de le reprendre pour monter une start-up. »

Cette technique de pointe s’avère prometteuse et ce n’est pas un hasard si Mireille Blanchard-Desce coordonne un projet européen(2) sur les différentes applications biologiques de la multiphotonique (démarré le 1er décembre dernier). L’imagerie, les neurosciences, les micro-implants et la micro-injection sont autant de voies déjà envisagées.

La chimie explore des mondes de plus en plus petits

Quelle science complexe que la chimie. Au départ expérimentale et descriptive, elle est devenue une science physique puis une science générale. Son champ de recherche a dépassé la seule description des espèces chimiques pour s’attaquer à la compréhension de leur composition, à leur classification, à la prévision de leurs propriétés et de leurs comportements. Ce faisant, la chimie générale s’est rapprochée de la physique pour y trouver des techniques de mesure et d’exploration. Elle explore des mondes de plus en plus petits, capte des phénomènes de plus en plus courts, dont le temps se compte en femto secondes (10-15 s) voire moins. Les chimistes du troisième millénaire accèdent aux atomes, unité élémentaire de l’espèce chimique. Et c’est désormais à partir de là qu’ils construisent de nouveaux édifices, qu’ils appellent des matériaux mous ou moléculaires. Ils n’ont pas fini de miniaturiser les objets de notre quotidien.

Christelle Garreau

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Nathalie Blanc

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