Intégration dans les lignes

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mars 2013
Destiné à remplir des terrines de pâté, ce robot (orange) est en phase d'intégration chez Guelt. On distingue le râteau qui lui permet d'attraper trois récipients en même temps, le convoyeur (en bleu) qui les apportera et tout l'environnement du robot).
© MICHELE LE GOFF

Avant de trouver sa place dans la chaîne de production, le robot a été pensé et assemblé chez un intégrateur.

L’industrie agroalimentaire se tourne vers les robots pour faire face à ses contraintes de productivité et pour éviter des tâches pénibles et répétitives à ses opérateurs. En parallèle, les fabricants cherchent de nouveaux marchés pour leurs robots face à la crise que traverse leur principal débouché, l’industrie automobile. L’un de ces fabricants sortirait d’ailleurs une gamme dédiée à l’agroalimentaire cette année. Car, jusqu’à présent, les robots utilisés dans ce secteur étaient standard, ce qui impliquait de les adapter aux tâches et aux conditions particulières de l’industrie agroalimentaire. Et c’est l’une des missions des intégrateurs.

Une solution sur mesure

Gwenvael Peres, de la société Guelt, insiste : « Notre rôle c’est de résoudre une problématique de production : préparation au traitement thermique, découpe, emballage, mise sur palettes... Cela peut passer par la mise en place d’un robot, mais pas obligatoirement. Une simple solution mécanique peut être adaptée (lire Comprendre p. 13). » Mais la robotisation est quand même de plus en plus souvent la solution. Et une solution sur mesure puisque le robot, tel que sorti des ateliers du fabricant, n’est pas opérationnel. « C’est une pièce détachée », commente Gwenvael Peres. Un bras, même doté d’une articulation, n’est productif que s’il est installé au bon endroit, programmé pour accomplir une tâche et paramétré par rapport à la ligne de production (cadence...).

L’environnement du robot

Pour qu’un robot tourne en entreprise, il est nécessaire d’avoir étudié son environnement (contraintes de température, d’hygrométrie, nettoyage...), son intégration mécanique, son alimentation électrique, pneumatique et l’automatisme. Il faut aussi s’assurer qu’il pourra effectuer les tâches demandées dans l’espace qui lui est imparti (simulation 3D).

Ainsi, trouver la solution à la problématique de production et sa configuration dans l’usine peut nécessiter plusieurs mois et différentes compétences. C’est tout le savoir-faire d’un intégrateur qui connaît à la fois les caractéristiques des robots proposés sur le marché et les contraintes des industries. « C’est là que nous trouvons tout notre sens avec trente-cinq années d’expérience, dont vingt-cinq en robotique, ainsi qu’une bonne connaissance du milieu agroalimentaire et du marché », souligne Gwenvael Peres.

Dans les ateliers

Une fois le projet conçu, il s’agit de fabriquer les éléments (châssis, préhenseur et convoyeur) et d’assembler les parties, dont le robot à proprement parler. Enfin, programmer le robot à effectuer sa tâche et procéder aux essais. Guelt intervient à tous les niveaux du procédé, par la réalisation de lignes complètes intégrant ingénierie, conseils, prestation mécanique, automatisme, électricité, dans les ateliers de Quimperlé (Finistère) ; jusqu’à l’installation sur le site du client. La société fabrique environ dix robots par an. Comme le dit Gwenvael Peres, « On est loin de l’univers Star Wars. » Dans les ateliers de la société Guelt, le visiteur reconnaît l’odeur du métal et de la soudure, mais ne croise pas de clone de R2D2 dans les allées !

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Michèle Le Goff

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