Une formation robot à la page

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mars 2013
Hubert Jego, technicien, et Christine Toumoulin, responsable de la licence professionnelle de mécatronique en alternance, posent devant les nouveaux robots de la plate-forme.
© Nathalie Blanc

L’IUT de Rennes accueille une nouvelle plate-forme de robotique qui se tourne vers la filière agroalimentaire.

Les premières formations ont eu lieu en novembre 2012, sur une plate-forme rénovée, dotée de quatre robots tout neufs ! Et cela se passe à l’IUT de Rennes(1). « Basé à Paris, le constructeur de robots ABB souhaitait proposer un nouveau centre de formation délocalisé, et nous avons signé une convention de partenariat », explique Christine Toumoulin, coresponsable de la licence professionnelle mécatronique avec Guy Caverot, directeur de l’innovation chez BA Systèmes, une entreprise de Mordelles (Ille-et-Vilaine) spécialisée dans la manutention et le stockage automatiques.

Au plus près des IAA

Ce que vise le constructeur avec cette délocalisation, c’est de se rapprocher du creuset d’usines agroalimentaires que constitue la Bretagne. Car la robotique représente pour ces dernières un véritable enjeu stratégique ! Christine Toumoulin en témoigne : « D’année en année, elles sont de plus en plus nombreuses à accueillir des stagiaires de chez nous et à les faire travailler sur l’automatisation ou la robotisation des lignes de production. La rénovation de cette plate-forme nous permet de proposer des formations qui répondent mieux aux besoins de compétences des entreprises. Avant, nous ne disposions que de deux gros robots de chez PSA qui commençaient à vieillir. Et cette évolution attire d’autres entreprises, pour des collaborations(2). » Les quatre nouveaux sont de petites tailles. Ils peuvent porter des charges comprises entre 2 et 6 kg. « Mais leurs armoires de commandes sont identiques à celles des gros robots et s’intègrent dans différents milieux industriels - l’agroalimentaire mais aussi la pharmacie ou la cosmétologie - », précise encore Christine Toumoulin. Regroupés dans la même partie de l’atelier, ils peuvent travailler de façon indépendante ou être programmés pour collaborer de façon à mimer un procédé industriel. Les stagiaires sont ainsi au plus près des conditions réelles et étudient les aspects de synchronisation et d’espace de travail des robots.

Véhiculer des messages positifs

« Nous avons d’autres projets d’évolution pour la suite, reprend-elle. Nous avons, par exemple, acheté des caméras dont nous allons équiper progressivement les robots. Cela nous permettra de faire du contrôle qualité, très demandé en agroalimentaire, mais aussi de l’asservissement de robots, qui consiste, par exemple, à calculer en temps réel une trajectoire optimale, pour saisir une pièce à la volée sur un convoyeur en mouvement. L’achat d’un robot araignée, qui est celui qui intéresse le plus les IAA, a aussi été     mentionné. »

En attendant, ces nouveaux robots ont rencontré un vif succès auprès de visiteurs lors de la journée portes ouvertes du 16 février. Et cela plaît à Christine Toumoulin : « Ces appareils de dernière génération illustrent combien l’industrie peut être innovante. Et ce n’est pas ce que montrent généralement les médias qui s’intéressent plus aux difficultés de cette filière... Il ne faut pas oublier de véhiculer des messages positifs ! » Pour inciter les jeunes à rejoindre la filière qui manque parfois... de bras.

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Nathalie Blanc

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