Des vitrines jusqu’à l’assiette

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juin 2014
Ces vitrines seront bientôt équipées de dispositifs numériques interactifs imaginés par des étudiants en design.
© Céline Duguey

Dans ce projet qui compte l’École d’art de Rennes, le design sert de liant entre le numérique et l’agroalimentaire.

Drôle d’association. Voilà ce que pourrait laisser penser le projet Dencas(1), qui regroupe design, technologies numériques et agroalimentaire. Porté par l’entreprise rennaise Artefacto, connue pour ses outils de communication en 3D, Dencas est aussi le premier projet à avoir été doublement labellisé par les pôles de compétitivité Valorial et Images et Réseaux. Avec un soupçon de design, il a pour but d’intégrer le numérique dans un domaine où il n’est pas encore très présent. « À l’Eesab(2), l’enseignement du design n’est pas exclusivement tourné vers la notion de produit, explique Odile Lemée, directrice adjointe de l’école. Il est plus centré sur les usages et les pratiques. Aujourd’hui, nous sommes tous connectés, il est donc naturel que le design intègre le numérique. »

Trois sous-thèmes liés à l’agroalimentaire ont été déterminés : l’emballage, le commerce et les espaces de restauration. « Avec la société TazTag, spécialisée dans les technologies sans contact et l’école Télécom Bretagne, nous avions imaginé mettre des puces RFID ou utiliser la réalité augmentée sur les emballages des produits alimentaires pour permettre leur traçage, faciliter le contrôle qualité, et aussi donner de l’information aux consommateurs », précise Erwan Mahé, codirecteur d’Artefacto. Cette dernière partie est cependant mise de côté faute de financements. Les partenaires du projet Dencas ont néanmoins commencé à travailler sur les deux autres thématiques.

Les vitrines de demain

Les élèves de l’option design de l’Eesab et le Labfab de Rennes installé dans l’école travaillent actuellement sur l’intégration des technologies numériques dans les vitrines d’anciennes boutiques de la rue Pont-aux-Foulons à Rennes. « Ces boutiques étaient vides et nous avons obtenu l’autorisation de la Ville pour utiliser leurs vitrines pendant quelques mois. Et comme tout le monde n’a pas un smartphone, nous allons rendre ces surfaces interactives. » Alors à quoi ressembleront les vitrines de demain ? Les commerçants de la rue en ont déjà une idée car ils ont été impliqués dans le projet. Les dispositifs conçus par les étudiants seront mis en place et visibles par tous à partir du mois de septembre prochain.

Des dispositifs de restauration immersifs

L’Eesab a aussi organisé deux ateliers avec des designers culinaires(3). « Les étudiants ont planché sur différents sujets : ma cantine en ville ; manger debout ; manger assis ; manger couché. Ce fut un moment très enrichissant, ajoute Odile Lemée, et en plus, nous avons pu déguster ce qu’ils avaient concocté ! » Il reste encore à imaginer de nouveaux espaces de vente et de restauration, enrichis par de la scénographie, des dispositifs immersifs capables d’offrir de nouvelles ambiances et expériences de consommation. Les concepts pourraient être testés au Centre culinaire contemporain, autre partenaire du projet, qui dispose d’un restaurant et d’une boutique dédiés à ce genre d’expérimentations. Pour reprendre une des maximes de l’Eesab, le design, c’est aussi de nouvelles relations à construire entre l’homme et son environnement.

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Nathalie Blanc

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