Plié, il s’invite au salon

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juin 2014
© Isocycle

Une jeune start-up rennaise a conçu un vélo pliant innovant, où le design a guidé la technique.

Deux roues collées l’une à l’autre, une selle qui se distingue à peine, une poignée sur le dessus... Une fois plié, le Weelin ressemble plus à un bagage étrange qu’à un vélo. Et il est surtout beaucoup moins encombrant. « C’était le pari initial, mettre au point un système compact, facile à monter mais qui roule bien, qui réponde aux contraintes de mobilité actuelles : pouvoir entrer dans un coffre de voiture, dans le métro, dans le TER, et être facilement transportable dans un appartement ou un bureau pour éviter les vols. » Pour répondre à ces contraintes, Dominique Bied, l’ingénieur qui a lancé le projet, a travaillé avec un bureau d’études en ingénierie et design. « Il a eu l’idée de considérer la forme minimale incompressible : les roues, et de développer le vélo autour de ce volume en optimisant le confort et les aspects pratiques, en intégrant une poignée spécifique qui n’est jamais en contact avec les parties “sales” du vélo, par exemple. Alors qu’aujourd’hui, la plupart des vélos pliants sont conçus à partir du vélo entier, que l’on essaye de plier au mieux. » Le concept a été breveté et récompensé par l’Observeur du Design 2014.

Du design à la technique

Lorsqu’il a monté la start-up Isocycle avec Dominique Bied, Paul Doublet, ingénieur spécialisé en mobilité verte, avait entre ses mains une maquette en bois, à taille réelle, mais sans chaîne, ni pédales ou freins. « Il fallait réussir une étape primordiale : le passage de la maquette à un objet fonctionnel ! » L’ingénieur laisse pendant un temps le design de côté pour travailler sur les aspects techniques. « Notamment l’un des points clés du brevet : la translation et la rotation de la roue avant, qui permet d’obtenir la forme finale et surtout de déplier le vélo en le “secouant”. Le brevet dit que le vélo fait ça, mais n’explique pas comment ! Cela nécessite de la mécanique de précision. » Une fois le vélo équipé, le bureau d’études en design est de nouveau consulté. « Il nous a permis d’orienter les solutions dans la bonne direction. Sur la forme du guidon, par exemple. » Une autre contrainte vient guider les concepteurs : le coût (le Weelin est pour l’instant estimé à 1500 €) et la faisabilité à l’échelle industrielle. « Nous avons  opté pour des standards le plus souvent possible. Par exemple, pour la taille des roues, les pédales, le système de freinage, les poignées... »

Comme une valise

Le dernier des trois prototypes devrait arriver d’ici peu dans les locaux d’Isocycle. « La version finale est un peu plus longue que la maquette d’origine, car respecter cette contrainte était incompatible avec le confort du cycliste. Mais nous en avons profité pour ajouter des suspensions ! » Garde-boue, système de fixation d’un sac à dos, roulettes pour pouvoir traîner l’objet comme une valise, le vélo est pensé pour son utilisateur. Pour aller plus loin, Paul Doublet et Yann Besnard, cofondateur spécialiste en marketing, ont pensé à l’usage du vélo... quand il ne roule plus.

« Avoir un vélo pliant c’est bien, mais en France, il n’est pas encore courant de rentrer un deux-roues dans son bureau ou même dans son appartement ! Nous avons créé, avec un autre designer, un meuble spécifique, qui permet de ranger le Weelin. » C’est cet ensemble, vélo et meuble, qui a été présenté lors du Salon international des inventions de Genève, en avril dernier. Le concept y a reçu le Grand Prix de l’association allemande des inventeurs. La société est actuellement en recherche de fonds et si la date de sortie n’est pas encore connue, vous pouvez déjà vous inscrire pour le tester !

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Céline Duguey

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