L’évolution lue dans le sexe des algues

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novembre 2014
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Des biologistes de Roscoff ont séquencé les chromosomes sexuels d’une algue brune.

Ectocarpus est une algue brune filamenteuse que l’on trouve sur nos côtes. Bien que cela soit peu visible, elle existe en version mâle ou femelle ! Des chercheurs de la Station biologique de Roscoff ont séquencé les chromosomes impliqués dans cette différenciation. Une première, car peu d’espèces ont eu ce privilège. Le chimpanzé et l’homme pour les mammifères, la papaye pour les végétaux. « La différenciation sexuelle est apparue indépendamment chez les animaux, les végétaux et les algues, rappelle Susana M Coelho, l’une des auteurs de la publication parue en septembre dernier(1). Chez l’homme, par exemple, elle aurait eu lieu il y a plus de cent quatre-vingts millions d’années, contre sept millions d’années pour la papaye. « Les chromosomes sexuels d’Ectocarpus ont plus de 70 millions d’années, précise la biologiste. Et ce qui est étonnant, c’est qu’à peine 20 % du chromosome diffère entre le mâle et la femelle. Alors qu’on pensait que les vieux chromosomes subissaient de nombreuses dégénérescences. » Le Y et le X n’ont plus grand-chose en commun chez l’humain, par exemple. Malgré tout, des analogies demeurent entre les espèces. « L’un des gènes qui semble particulièrement impliqué dans la différenciation sexuelle chez l’algue présente des similitudes fortes avec SRY, le gène déterminant le sexe masculin chez l’homme. Même si l’apparition des sexes se fait de façon indépendante, des mécanismes très similaires apparaissent, à des millions d’années d’écart ! »

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