Portraits

© Jean-Yves Toullec
Stéphane Hourdez
Biologiste et océanographe
Il dirige l’équipe Adaptation et biologie des invertébrés en conditions extrêmes (Abice), au sein du laboratoire Adaptation et diversité en milieu marin.

« J’étudie l’adaptation des vers à la hausse des températures »

Stéphane Hourdez est chercheur CNRS à la Station biologique de Roscoff. Il est revenu de l’Antarctique le 3 mars. Il y retournera en janvier 2016, pour la dernière campagne de Polaris.

 

J’étudie plusieurs espèces de vers marins, appelées polynoïdés et terebellidés. Certaines vivent sur le littoral breton, où elles mesurent entre 3 et 6 cm de long, d’autres dans les abysses, notamment sur les sites hydrothermaux, dans une eau jusqu’à 50 °C. En Antarctique, l’une des espèces atteint 30 cm de long : les vers y vivent dans une eau de zéro à - 1,8 °C, juste au-dessus de la température de congélation de l’eau de mer.

Dans le cadre de notre mission Polaris, avec l’organisation logistique de l’Institut polaire Paul-Émile-Victor , nous avons mené en 2014 et 2015 deux campagnes de deux mois, en janvier et février, en Terre Adélie. Nous avons récolté environ 480 individus de quatre espèces de vers. Ils vivent entre 15 m et 200 m de profondeur. Un plongeur nous a remonté à la surface des racines de grandes algues, dans lesquelles nous les avons trouvés.

Nous cherchons à comprendre comment ces espèces, qui vivent dans ces conditions extrêmes depuis des millions d’années, sont adaptées au froid. Nous voulons savoir si la diversité génétique au sein de chaque espèce leur permettra de survivre à la hausse de la température, due au changement climatique. Nous réchauffons les vers, pour connaître leur potentiel à supporter la hausse des températures, comparativement aux vers marins d’ici. Nous séquençons tous les gènes exprimés. En décortiquant les mécanismes moléculaires, nous obtenons des conclusions générales sur l’adaptabilité à la température.

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Propos recueillis par
Nicolas Guillas

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