Le paléolithique mangé par la mer

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mai 2015
© Meritxell Monros / François Le Gall

Avec le projet Alert, les archéologues interviennent in extremis sur le littoral menacé par l’érosion.

C’est un îlot du Finistère Nord, à deux pas de l’île de Batz, face à Santec. En mars dernier, durant une semaine, les archéologues du Creaah(1) et des bénévoles locaux ont mené une fouille de sauvetage sur l’îlot de Roc’h Santec, dans le cadre du projet Alert(2), pour Archéologie littorale et réchauffement terrestre. Traces de murs, amas coquillier, éclats de silex, fragments de poteries : les chercheurs ont identifié un abri sous roche, des galets de silex taillés du paléolithique au mésolithique, un habitat côtier de l’âge du fer. Il y a 50000 à 2500 ans, des hommes ont vécu ici.

Depuis l’an dernier, après les tempêtes de l’hiver 2013-2014, les scientifiques, dont Pau Olmos Benlloch, postdoctorant au Creaah et responsable du projet, scrutent le littoral, soumis aux assauts des tempêtes et de l’érosion. Leur but est d’identifier les sites archéologiques les plus fragiles et les plus intéressants : sur cent trente sites passés en revue, l’îlot de Roc’h Santec est l’un des douze plus menacés. Les archéologues ont rencontré une trentaine de prospecteurs bénévoles, pour leur proposer une grille d’évaluation des sites menacés. Chacun peut même alimenter une base de données interactive(3). Dans le cadre d’Alert, l’Université de Rennes 1 a également établi un partenariat avec le Conservatoire du littoral, pour former ses gardes : ils savent maintenant déceler ces sites patrimoniaux éphémères.

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