Portraits

N. Guillas
Caroline Martin
Chercheuse en biomécanique
Ancienne joueuse de haut niveau, numéro 7 française chez les 17-18 ans, elle est aujourd’hui professeur agrégé à l’UFR Staps et collaboratrice au laboratoire M2S.
Je veux comprendre l'organisation gestuelle du joueur de tennis.
Caroline Martin est lauréate du Prix Jean Vivès, décerné par l’Académie nationale olympique française. Ce prix récompense des recherches en sciences du sport, ayant des applications pratiques pour le milieu sportif.

Je veux comprendre l’organisation gestuelle du joueur de tennis. En 2013, pour mon doctorat, j’avais analysé le geste du service, en lien avec la performance du joueur. C’est un geste très complexe, toutes les articulations sont mises en jeu ! Il faut coordonner un lancement de balle avec la mauvaise main, frapper avec une raquette pour diri ger la balle vers une cible. C’est un mouvement très intéressant à analyser. Les recherches en biomécanique nous permettent de connaître les angles de flexion des genoux, l’angle d’abduction de l’épaule quand la balle est touchée, la vitesse de la tête de raquette, la vitesse angulaire de rotation de l’épaule... Nous déterminons les paramètres, qui permettent au joueur d’augmenter la vitesse de la balle. Cette vitesse conditionne le niveau de jeu et l’issue du match...

Depuis l’an dernier, au laboratoire M2S (Mouvement sport santé) de l’Université Rennes 2, en collaboration avec la Fédération française de tennis, nous quantifions les progrès réalisés par de jeunes joueurs et les risques de blessure. Jusqu’à la fin de 2018, nous travaillons chaque année avec quarante joueurs et joueuses du pôle France de Poitiers, qui sont les meilleurs espoirs du tennis français. Nous utilisons la salle immersive Immermove, commune à l’ENS et l’université. Dans ce gymnase, douze à seize caméras infrarouges capturent les mouvements en 3D. Nous posons trente-huit marqueurs sur des points anatomiques précis du joueur, pour voir l’ensemble de son squelette.

À la différence des adultes, étudiés pour ma thèse, les jeunes sont en progression constante. Nous mesurons l’évolution de leur technique de service. Nous détectons également les joueurs à risque. Certains utilisent des techniques traumatisantes. Il faut anticiper la blessure, la tendinite à l’épaule ou, pire, la déchirure musculaire abdominale.

Propos recueillis par
Nicolas Guillas

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