Une entreprise en maturation

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novembre 2016
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François Moreews et Jennifer Del Giudice, deux des trois cofondateurs d'EnginesOn.

Fondée par des chercheurs, cette entreprise sera dédiée au traitement de données génétiques, d’abord pour la santé.

L’entreprise, dont la création est prévue au début de 2017(1), ne dispose encore que d’un petit bureau dans les locaux du centre Inria Rennes - Bretagne Atlantique, mais les idées sont posées. Le projet EnginesOn s’est fixé comme objectif premier de traiter les données biologiques à haut débit et en particulier ceux qui débordent des séquenceurs d’ADN nouvelle génération. Comptant parmi les cofondateurs, Jennifer Del Giudice(2) est ingénieur et titulaire d’un master en génétique. Elle sait de quoi elle parle : « Dans cette discipline, le volume des données a été multiplié par 10000 en cinq ans. Quand vous travaillez sur un projet comportant des données génétiques, vous pouvez avoir à traiter l’équivalent d’un livre de 50 millions de pages... avec les phrases dans le désordre ! Il faut vraiment aider les chercheurs à gérer leurs données ; il faut les former et leur donner des outils spécifiques et adaptés : un tableur Excel ne suffit pas. »

Analyses personnalisées

Le concept d’EnginesOn est un laboratoire virtuel, qui sera accessible de partout via Internet. Dans ce laboratoire, il sera possible d’analyser, de structurer, de traiter, mais aussi de stocker des données massives et leurs métadonnées (informations sur les données), de manière sécurisée et personnalisée. « Nous mettons à disposition des fonctionnalités spécifiques à chaque client, poursuit-elle. Chacun reste maître de ses données. Si un client souhaite les garder sur son propre serveur, c’est possible. » Pour la partie traitement, EnginesOn ne proposera pas de solutions toutes faites mais des briques de logiciel à assembler selon les besoins. Il sera ainsi possible de mélanger des solutions standardisées avec des programmes réalisés en Open Source(3) ou encore avec des développements propres, issus de la recherche d’Inria. D’où la présence des deux autres cofondateurs de l’entreprise Yvan Le Bras, docteur en biologie et analyse de données, et François Moreews, docteur en informatique. « Nos clients bénéficieront ainsi des outils d’analyse de données les plus pertinents constamment mis à jour sans se préoccuper de la complexité de leur mise en œuvre. »

En choisissant de traiter des données génomiques, EnginesOn peut s’attaquer à tout ce qui est vivant. Mais c’est la santé, et plus particulièrement la cancérologie, qui est d’abord visée. « Nous nous adressons en priorité aux hôpitaux et aux entreprises de santé. Nous voyons que beaucoup de demandes émergent dans ce domaine, or la France est en retard par rapport à d’autres pays européens comme la Grande-Bretagne. » Le ministère de la Santé vient, par exemple, d’initier le Plan France Médecine Génomique pour structurer les compétences et la recherche dans ce domaine, d’ici à 2025. Et le marché progresse vite. Mais EnginesOn est dans les starting-blocks.

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Nathalie Blanc

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