Un afflux de données et d’idées

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avril 2017
Nicolas Joubard

Géolocalisation, accessibilité... comment les données liées au transport sont-elles collectées puis exploitées ?

Rennes avait ouvert le bal en 2010 en devenant la première collectivité française à ouvrir une grosse série de données géographiques dont des données de transport (1). Depuis, une quinzaine d’applications sont nées (2), essentiellement basées sur l’affichage des horaires de passages des bus et des métros en temps réel, ou de la disponibilité des places dans les parkings relais ou des vélos aux bornes. La disponibilité des places de parking réservées aux personnes à mobilité réduite est aussi maintenant visible pour certains parcs relais. Une information qui, jusqu’à présent, n’était pas prise en compte par l’affichage lumineux, notamment quand il indiquait complet. « Nous avons aussi créé notre propre application, starbusmetro, qui permet de rechercher des itinéraires, précise Frédéric Clec’h, du service marketing de Keolis Rennes. Nous proposons régulièrement de nouvelles fonctionnalités. » La dernière, sortie début avril, permet de connaître le temps d’attente à l’espace de vente du Star (3), de prendre à distance un ticket d’ordre de passage depuis son smartphone, et de n’arriver que quelques minutes avant son tour, sans attendre sur place.

 

 

Les bus, pourvoyeurs de données

Mais les données récoltées peuvent ne pas être directement liées au transport. En sillonnant la ville, un bus peut, par exemple, fournir des informations en temps réel sur l’environnement qu’il traverse : mesures de la pollution sonore ou de l’air... Une piste évoquée lors du lancement de la chaire Road (4), Mobilité dans une ville durable Rennes Open Access to Data, de la Fondation Rennes 1, en septembre 2016, dont le but est de favoriser l’exploitation des données en mettant en relation pourvoyeurs et utilisateurs, à l’image de Rennes Métropole. « Le parc de bus est devenu une terre expérimentale, se réjouit Jérôme Champenois, responsable des systèmes d’information chez Keolis Rennes. Donner accès aux données fait partie de nos axes de travail. » Les négociations étant d’ailleurs en cours pour le renouvellement du contrat entre Keolis et Rennes Métropole, il n’en dira pas plus sur les prochaines innovations...

 

3000 lieux recensés dans le Pays de Vannes

À Vannes, l’ouverture des données a été impulsée par l’université (l’UBS) et sa fondation. « Il existe beaucoup de données concernant l’accessibilité des personnes à mobilité réduite provenant de différents organismes publics et qui ne sont pas exploitées, explique Mathieu Le Corre. Je pense à La Poste et au ministère des Sports. » C’est notamment nourrie de ces nombreuses informations qu’est née la plate-forme de données publiques Dat’Access, dont Mathieu Le Corre, spécialiste du traitement des données, est le chef de projet au sein de la chaire Act-Ter (5), à la Fondation de l’Université Bretagne Sud. Depuis son ouverture au public en septembre 2016, Dat’Access a recensé 3000 lieux (dont 2000 équipements sportifs), des lieux culturels (musées, salles de spectacles) et de loisirs (campings, restaurants, événements...) à l’échelle du Pays de Vannes. Les informations sont accessibles via une carte collaborative elle-même disponible sur Internet, et sur smartphone d’ici à la fin du mois. « Nous essayons de construire des synergies entre des services existants pour ne pas les réinventer, poursuit-il. Nous avons, par exemple, échangé avec Handimap (6) qui propose des parcours pour les personnes à mobilité réduite à Rennes. Mais nous n’avons pas encore assez de données à Vannes, pour proposer le même service. » Une question de temps. De même que le tout nouveau prestataire vannetais pour les transports, arrivé à la fin de 2016, n’est pas encore partie prenante de la chaire... Ne reste qu’à l’embarquer !

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Nathalie Blanc

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