À Rennes, des lumières réfléchies

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janvier 2018
Vue globale des zones actives la nuit (en blanc).
Concep To

Accompagnée par l’agence Concepto, la ville de Rennes améliore l’éclairage public.

Consciente des coûts économiques et énergétiques causés par la lumière artificielle ainsi que de ses effets sur la biodiversité, la ville de Rennes a voulu revoir toute sa stratégie d’éclairage. Ainsi, en 2010, un appel d’offres fut lancé pour développer le Schéma directeur d’aménagement lumière (Sdal) dans la capitale bretonne.

Concepto à la rescousse

Dotée d’une équipe pluridisciplinaire d’experts spécialisés en design d’éclairage urbain, l’agence Concepto(1) (Hauts-de-Seine) exerce son activité à l’échelle internationale. Sa mission : apporter tout son soutien aux chefs de projets en intégrant les notions de paysage, d’écologie de la lumière sociale et durable ainsi que de la conservation de la biodiversité nocturne.

L’idée étant de faire des économies et de consommer moins d’énergie tout en protégeant au mieux les écosystèmes, autrement dit, limiter la pollution lumineuse. C’est avec ces objectifs communs que la ville de Rennes et l’agence ont travaillé ensemble pour impulser une stratégie globale de l’éclairage.

Une population sensibilisée

L’agence Concepto a alors mené une étude sur deux ans en impliquant les habitants et les élus via des questionnaires, six marches nocturnes et de nombreuses discussions pour sonder leurs attentes. Fanny Guerard, urbaniste chez Concepto et chef du projet rennais, raconte avoir été agréablement surprise par la conscience écologique de la population de la métropole. Elle se souvient particulièrement que les habitants jugeaient que la lumière artificielle est largement présente dans les rues, « pas la peine de suréclairer » et que les élus ne voyaient aucun inconvénient à réduire l’éclairage de certains quartiers. Par exemple, une expérience menée dans le quartier de Villejean a révélé que lorsque l’éclairage était diminué de 30 à 50 %, les habitants n’y voyaient aucune différence. Ainsi, il a été décidé d’abaisser l’intensité lumineuse dans cette zone.

De même à Lorient, ville qui a aussi fait appel à Concepto pour construire un éclairage qualitatif, la population a semblé très réceptive au projet. L’urbaniste se rappelle du choix très rapide d’éteindre la desserte portuaire, véritable corridor écologique très éclairé chaque nuit mais fréquenté uniquement par les véhicules.

Le concept de trame noire est né à Rennes

Fanny Guerard indique que « le concept de trame noire est né à Rennes. Elle précise : mettre en place une trame noire ne signifie pas tout éteindre mais moduler l’éclairage dans un souci de préservation de l’obscurité. » Pour établir le plan d’action suggéré aux élus, l’agence a développé une cartographie de la vie nocturne des territoires par tranche horaire en répertoriant l’activité de la ville (photos).

« On a représenté le pouls de la ville de Rennes pendant une nuit, explique l’urbaniste. On a pu ainsi proposer d’éteindre une zone à partir d’une certaine heure. » Elle rappelle qu’outre la temporalité, la source d’éclairage est également à prendre en compte dans une telle stratégie d’aménagement de la lumière. L’agence accompagne toujours Rennes aujourd’hui afin de faire évoluer sa stratégie en concertation. Petit bémol : « L’agence ne travaille pas avec des spécialistes de la biodiversité par manque de mise en relation, explique la jeune femme. Son appel est clair : on gagnerait en richesse et en intérêt en travaillant avec des scientifiques. Alors ça, ce serait génial ! »

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Marion Guillaumin

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