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février 2019
Climat : de l'air, vite !
Julie Lallouët-Geffroy

Pour obtenir le bilan d’un territoire sur une période courte.

Aucun capteur ne mesure précisément, en temps réel, toute notre production de gaz à effet de serre. Pour la calculer, l’exercice consiste à jongler entre les projections, selon les sources d’émission, pour obtenir un résultat fiable. Avec certaines limites. « Dans nos calculs, nous n’intégrons pas les procédés qui se déroulent à l’extérieur de la région, par exemple les émissions induites par la fabrication d’un vêtement », explique Thomas Paysant-Leroux, chef du pôle Énergie gaz à effet de serre, à l’Observatoire de l’environnement de Bretagne. Seules les émissions produites dans la région sont prises en compte.

L’élevage est la première source d’émission de gaz à effet de serre, en l’occurrence le méthane. Mais les 37 % de gaz émis par l’agriculture ne prennent pas en compte l’importation d’une partie de l’alimentation du bétail, ni l’exportation des produits finis. La deuxième source d’émission est liée à la consommation de carburant, à hauteur de 26 %. Mais cela ne prend pas en compte l’importation, le raffinage ni l’approvisionnement en carburant jusqu’en Bretagne ! Le chauffage, troisième source d’émission à hauteur de 16 %, est calculé d’une autre manière. La consommation globale est divisée par le nombre d’habitants. « Il y a un calcul propre à chaque secteur, et chaque région réalise ses calculs, détaille Thomas Paysant-Leroux. D’où parfois une difficulté à comparer les données d’une région à l’autre, et d’une période à l’autre. »

La croissance démographique

La tendance globale est à la baisse, avec - 5 % d’émissions de gaz à effet de serre depuis 2010. Depuis 2014, cette courbe ne décroît plus. Pourquoi ? La croissance démographique de la région induit une augmentation des consommations énergétiques. La courbe des émissions aurait pu grimper, mais l’amélioration de la performance des bâtiments et véhicules compensent cette dynamique.

Des éléments conjoncturels, comme des hivers doux et une baisse de la consommation de fioul, entrent également en compte. Ainsi que les effets du marché, avec la performance des véhicules, par exemple. « Ce n’est pas simple d’interpréter des données sur une période courte, explique le spécialiste. Il faudra attendre quelques années pour savoir si nous sommes capables d’absorber la croissance démographique, sans accroître nos émissions. »

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Julie Lallouët-Geffroy

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