Énergie : un houlomoteur en mer

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N° 370 - Publié le 6 mars 2019
Jacques Vapillon
Mis à l’eau à Saint-Nazaire, ce houlomoteur flottera entre le Croisic et l’île d’Hœdic.

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De l’électricité produite à la force des vagues.

Une machine qui produit de l’énergie grâce aux vagues a été mise à l’eau à Saint-Nazaire. Au printemps, ce houlomoteur flottera entre le Croisic et l’île d’Hœdic, proche de l’éolienne Floatgen, sur un site d’essais technologiques en mer(1). Ce drôle de cube(2) est bien plus qu’un pavé de 150 tonnes lancé dans la mer. Il se nomme Wavegem(3) et préfigure une nouvelle source d’énergie.

Tangage et roulis

Les énergies marines renouvelables ne se résument pas à la force du vent (éolien) et du courant (hydrolien). Les chercheurs étudient aussi la production d’électricité à partir des différences de température ou de salinité de l’eau. Et les vagues ? « Leur énergie aussi peut être transformée, explique Michel Repecaud, chef de projet à l’Ifremer Brest. En mer, un bateau ou un flotteur est malmené par les vagues. Il subit le tangage, qui le fait bouger d’avant en arrière. Le roulis le fait osciller de bâbord à tribord. Il est possible de transformer ces forces en électricité. » Cela a été démontré dans le bassin d’expérimentation de l’Ifremer, à Brest.

Turbines verticales

La technique employée ici n’est pas plus compliquée... qu’un niveau à bulle ! Imaginez cet outil de maçon posé sur le pont d’un bateau. Le navire penche d’un côté ?

Le liquide du dispositif suit le mouvement, et la bulle se retrouve de l’autre côté. C’est ce déplacement de liquide qui a été apprivoisé, pour produire de l’électricité. Le prototype contient trois “niveaux à bulle”, qui se rejoignent en leurs centres. Ils ne sont pas ouverts sur l’extérieur, mais renferment une quantité d’eau qui suit les mouvements de la barge. À chaque passage d’un bout à l’autre de ces couloirs, l’eau fait tourner des turbines verticales. Elles sont aux extrémités des couloirs et au point de croisement.

150 kilowatts

« Le prototype a une puissance de 150 kilowatts. Nous sommes loin des mégawatts de l’éolien, mais le but n’est pas d’alimenter le réseau électrique. Nous cherchons à concevoir des bouées de mesures scientifiques autonomes en énergie. »

C’est pourtant une autre utilisation qui a motivé les industriels à se lancer dans ce projet. « Depuis quelques années, les navires qui transportent les passagers sont équipés d’un système antiroulis. Il s’agit d’un couloir d’eau placé dans les ponts supérieurs. Grâce à la gravité, l’eau se déplace à l’inverse du roulis et diminue la gîte du navire. » Ce système anti-mal-de-mer pourrait être doté de turbines pour produire un surplus d’électricité. C’est toujours cela de gagné sur le pétrole.

Baptiste Cessieux

(1) Le site d’essais Sem-Rev de Centrale Nantes (sem-rev.ec-nantes.fr).
(2) Le houlomoteur mesure 7 m de haut, pour 21 m de long et 14 m de large. (3)Le projet implique l’Ifremer, Centrale Nantes, l’Institut catholique des arts et métiers de Nantes, ainsi que les entreprises Blue Solution, Snef et Geps Techno, l’initiateur du projet.

Michel Repecaud
tél. 02 98 22 41 76
michel.repecaud@ifremer.fr

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