Le duo terre-chanvre, c’est du solide
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Ce matériau de construction est un isolant thermique.
Voici un doctorant qui a les mains dans la terre. Spécialisé en génie civil à l’Université Bretagne Sud, Théo Vinceslas(1) montre l’intérêt d’utiliser la terre avec le chanvre pour isoler des bâtiments. « Les fibres végétales et la terre crue(2) peuvent former un matériau isolant et écologique, explique le chercheur. L’idée est d’utiliser les ressources locales. Ce matériau produit zéro déchet, il peut être recyclé et stocke le carbone. »
Trente types de terre
La première étape est d’identifier les types de terre disponibles en Bretagne et en Normandie. « Un réseau d’artisans du bâtiment m’a permis de découvrir des terres. Plus ou moins collantes, elles ont chacune leurs particularités. » Au total, Théo Vinceslas a collecté trente types de terre. « À chaque fois, je quittais le terrain avec deux ou trois sacs ! J’ai ensuite réalisé différentes analyses pour comparer ces terres. » Il a mesuré la quantité d’argile et a étudié le comportement de chaque terre à différentes teneurs en eau. Cela lui a permis de sélectionner six terres représentatives, utilisées pour des expériences à l’IRDL(3). Trois types de chanvre ont été comparés.
Lauréat du concours
« Le mélange terre-chanvre est aussi isolant que le chaux-chanvre utilisé aujourd’hui », s’enthousiasme le jeune chercheur. Le matériau contribue à la régulation de la vapeur d’eau produite dans l’habitat. Autre résultat : le mélange résiste aussi bien aux compressions mécaniques que le chaux-chanvre. Il est solide. D’autres questions taraudent les scientifiques. « Il serait intéressant de lier la rhéologie(4) avec la composition physico-chimique de la terre et de la modéliser. Nous pourrions prédire quelle terre a quel comportement. » Lauréat du concours “Ma thèse en 180 secondes” à la finale interrégionale Bretagne - Pays de la Loire au Mans(5), Théo Vinceslas soutiendra sa thèse en novembre.
(1) Sa thèse s’inscrit dans le projet Ecotera, soutenu par l’Ademe et les régions Bretagne et Normandie.
(2) Terre argileuse, sous les vingt premiers centimètres de la surface du sol.
(3) Institut de recherche Dupuy de Lôme, à Lorient.
(4) Étude de la résistance des matériaux aux contraintes et aux déformations.
(5) Lire Sciences Ouest n° 371, avril 2019.
Théo Vinceslas
theo.vinceslas@univ-ubs.fr
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