« Les institutions doivent être irréprochables »

375
octobre 2019
À la recherche des fake news
Nathalie Théret est référente pour l'intégrité scientifique à l'Université de Rennes 1.
UNIVERSITE DE RENNES 1

 

Données inventées, images truquées, plagiats… La fraude scientifique existe, mais elle reste marginale. Les méconduites, par exemple l’embellissement de données ou la sélection de résultats, sont plus courantes. « Un chercheur triche rarement délibérément, souligne Nathalie Théret, référente pour l’intégrité scientifique1 à l’Université de Rennes 1. Dans la course à la publication et à la recherche de financements, les scientifiques subissent une pression permanente. Cela peut en pousser certains à la faute. » L'Office français de l'intégrité scientifique lutte contre ces dérives, grâce à ses référents dans les établissements de recherche.

Appel à plusieurs experts

« En termes de recherche, les institutions doivent être irréprochables, insiste la directrice de recherche Inserm à l’Irset2. Leur relation avec les médias est aussi essentielle. La communication a un rôle central. » Sur un sujet donné par exemple, les journalistes doivent pouvoir faire appel à plusieurs experts, plutôt qu’à un seul. Il est également important que les scientifiques sachent bien communiquer.

Une publication falsifiée peut entraîner des conséquences graves. « Rappelons-nous de l’affaire Wakefield. Un chercheur stipulait un lien entre l’autisme et la vaccination contre la rougeole. » De nombreuses personnes ont alors refusé de faire vacciner leur enfant pour cette raison. Mais ce type d’affaire reste exceptionnel. « Ce cas n’est pas représentatif des milliers de chercheurs qui travaillent honnêtement ! » Nathalie Théret déplore par ailleurs l’effet buzz utilisé par certains médias, lors de la découverte d'une fraude. Cela donne une fausse image de la recherche.

Tabs

MARION GUILLAUMIN

Ajouter un commentaire

LE DOSSIER