Les bateaux militaires volent

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N° 377 - Publié le 9 décembre 2019
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Les marins lorientais engagés dans le projet eFlyco ont testé le navire de SEAir dans plusieurs conditions.

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Grâce aux foils de la société SEAir, les bateaux de la Marine nationale s'élèvent au-dessus de l’eau.

Un jour, tous les bateaux   voleront. » Cette phrase du navigateur Éric Tabarly en 1987 est la devise de la société SEAir, créée par Richard Forest il y a trois ans1. Cette entreprise lorientaise conçoit des foils rétractables et orientables, qui donnent des ailes aux bateaux à moteur. L’innovation a été remarquée par la Marine nationale. Depuis le mois de septembre, SEAir mène le projet eFlyco avec les marins du FuscoLab, pour équiper les bateaux militaires d’intervention. Ce laboratoire d'innovation de la force des fusiliers marins et commandos a été inauguré en octobre à Lorient.

Trois à quatre foils par navire

Les foils sont des ailerons situés sous le bateau. Celui-ci s’élève alors  au-dessus de l’eau, à mesure qu’il prend de la vitesse. « Le foil fonctionne comme une aile d’avion, indique Richard Forest. Pour voler, un avion n’est pas pourvu d’ailes planes, mais d’ailes dissymétriques, avec une face bombée et l’autre non. » L’intérêt ? Avec la vitesse, la dissymétrie permet de créer une différence de pression entre les deux faces de l’aile. Et d’attirer l’avion ou le bateau vers le haut, plutôt qu’au sol ou dans l’eau. Pour voler, un bateau doit être pourvu de trois à quatre foils.

Libérer des otages

Quand une embarcation tape moins l’eau grâce aux foils, elle gagne en stabilité, confort, discrétion et vitesse. Des avantages très appréciables pour les Forces spéciales, par exemple quand elles abordent des navires pour libérer des otages ou chercher de la drogue.

Après avoir gagné en 2018 le concours de l’association Le Cercle de l’arbalète2, et avoir fait tester sa technologie par la base des fusiliers marins et commandos, SEAir a signé un contrat avec la DGA3 l’été dernier. L’entreprise étudie maintenant sous toutes les coutures le bateau d’intervention des Forces spéciales, "l’Etraco", avant d’y installer ses foils et de nouveaux systèmes de contrôle.

En l’état actuel, les foils conçus par SEAir sont placés trop près des flotteurs de l’embarcation. « En cas d’arraisonnement, ils risquent de taper violemment contre la coque de l’autre bateau et de mettre en danger les soldats. » L’astuce consiste à adapter l’emplacement et le système de contrôle des foils à l’embarcation militaire. Le but ? Faire décoller un bateau d’intervention d’ici un an.

Claire Guérou

1. Lire « Il fait voler les bateaux », Sciences Ouest n°357.
2. Cette organisation repère les innovations utiles aux Forces spéciales.
3. Direction générale de l’armement.

Richard Forest
richard@seair.fr

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