« Découvrir l’épave du Soleil d’Orient serait superbe »

Portrait

N° 381 - Publié le 8 juillet 2020
L'épreuve par 7
SYLVIANE LLINARES

Professeure en histoire maritime et histoire des techniques du 17e et 18e siècles, à l’Université Bretagne Sud.

Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas été chercheuse ?

J’aurais aimé transformer la matière brute, être céramiste, charpentier ou sculpteur ! Pour résoudre des problèmes techniques, comme en recherche.

Aujourd’hui, qu’avez-vous trouvé ?

Retrouvé serait plus juste… L’historien s’inscrit dans une démarche collective. J’ai mis l’accent sur l’importance du moteur éolien et du système propulsif des navires à voiles, aux 17e et 18e siècles.

Le hasard vous a-t-il déjà aidée ?

Pour la période que j’étudie, il est rare de tomber sur des documents inattendus. On ne cherche jamais n’importe où. Le hasard est dans l’échange avec des chercheurs, rencontrés lors de séminaires, qui disposent d’autres sources de documentation.

Qu’avez-vous perdu ?

Le temps de la recherche, à cause de mes responsabilités de professeure. C’est un crève-cœur.  À la retraite, je re-nouerai avec la recherche sur un temps long, l’immersion dans les archives ou la lecture d’historiens d’autres périodes.

Que faudrait-il mieux ne pas trouver ?

En histoire, tout doit être trouvé. Rien n’est tabou.

Quelle est la découverte qui changerait votre vie ?

La machine à remonter le temps. Plus sérieusement, retrouver l’épave du Soleil d’Orient de la Compagnie française des Indes orientales, disparu dans l’océan Indien en novembre 1681. C’était le premier grand navire construit au chantier du Faouëdic. Ce lieu, vite renommé “le chantier de L’Orient”, donnera son nom à Lorient. Découvrir son épave serait superbe.

Qu’est-ce qui vous ferait douter de la rationalité ?

En histoire, ce que l’on considère aujourd’hui comme irrationnel fait l’objet de recherches. Chaque société a eu son propre rapport à la rationalité et l’irrationalité.

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