Cœur artificiel : l’innovation continue

384
Novembre décembre 2020
SALOME REMAUD
Nicolas Nesseler, anesthésiste-réanimateur de chirurgie cardiaque, Bernard Lelong, médecin cardiologue, et Erwan Flécher, chirurgien thoracique et cardio-vasculaire au CHU (de gauche à droite).

Le centre cardio-pneumologique du CHU de Rennes est un pionnier de l’implantation de cœur artificiel. Il poursuit l’étude sur le cœur français Carmat.

La première greffe de cœur a été réalisée en 1967 par le professeur Barnard, en Afrique du Sud. Le patient a survécu 18 jours. Depuis, la transplantation cardiaque a fait d’énormes progrès : on en pratique en moyenne 450 par an en France, avec un taux de survie de plus de 80 % un an plus tard. Le CHU de Rennes est un pôle d’excellence dans ce domaine, mais également dans la greffe de cœurs artificiels. L’intérêt de ces cœurs : « Ils permettent à des patients dont le cœur est fatigué et qui sont sur liste d’attente pour une greffe de rester en vie, le temps peut-être d’en obtenir une », explique le professeur Erwan Flécher, chirurgien thoracique et cardio-vasculaire au CHU.

Le cœur s’adapte à l’activité

La société française Carmat développe depuis 2013 un cœur artificiel innovant. Plus silencieux que le traditionnel cœur américain Car-diowest1, il est capable d’avoir un débit sanguin variable. « Actuellement, les cœurs artificiels que l’on pose ont un débit fixe. Cela limite les activités physiques, comme le vélo ou la randonnée… L’étape d’après, c’est d’avoir des pompes intelligentes, qui s’adaptent à vos activités. Carmat est l’un des premiers dispositifs à avoir cette capacité. » À la clé : le bien-être et l’autonomie du patient. Seulement treize cœurs Carmat ont été posés dans le monde à l’heure actuelle. Le but est d’en poser sept autres et de démontrer la fiabilité de cette technologie. L’hôpital de Rennes est l’un des trois centres français2 choisis par Carmat pour poursuivre l’étude clinique à compter de début novembre.

Le choix de Rennes pour cette étude n’est pas anodin. « Nous sommes axés sur la qualité de vie de nos patients, c’est l’un de nos points forts, souligne Erwan Flécher. On ne parle plus de "survivre" mais de vivre. Les patients doivent pouvoir reprendre le travail, conduire, avoir une vie intime… » Cette étape de l’étude clinique Carmat devrait s’achever en fin d’année. Elle ouvrira la voie à de nouveaux tests début 2021.

Tabs

SALOMÉ REMAUD

Ajouter un commentaire

L'ACTUALITÉ