L’espace à portée de main au campus de Beaulieu

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N° 388 - Publié le 29 avril 2021
SALOME REMAUD
Sylvain Pernon (à droite) et deux étudiants du projet Perseus, manipulant le prototype 3D d’une pièce de la fusée (également à l'écran).

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Susciter des vocations chez les étudiants dans le domaine spatial ? C’est ce que fait l’Université de Rennes 1 avec le projet Perseus.

Imprimantes 3D, écran interactif, dispositif de réalité virtuelle… Le Project Lab, situé au pôle de mécanique du campus de Beaulieu à Rennes, a de quoi ravir les fans de technologies de pointe. Le cadre est chaleureux : on y trouve aussi bien des tables de travail que des fauteuils. Ce laboratoire un peu spécial est destiné aux étudiants souhaitant travailler sur des projets innovants. « La majorité, aujourd’hui, travaillent dans le cadre de Perseus1 », explique Sylvain Pernon2. Ce programme mis en place par le Cnes3  permet à des étudiants de différentes disciplines de travailler sur des projets ambitieux liés à l'espace. « Nous leur permettons de travailler sur des technologies innovantes, et surtout d’expérimenter par eux-mêmes notamment sur des modèles réduits de fusées. »

Des fusées miniatures

Ces dernières années, les étudiants rennais ont pu travailler sur SERA4, une fusée de 4 m de haut pesant 40 kg sans ses propulseurs. Son lancement, initialement prévu pour avril, a été annulé à cause de la crise sanitaire. « Nous travaillons maintenant sur ASTREOS1, un projet plus complexe. Cette fusée mesurera plus de 6 m de haut et pèsera 120 kg à vide. » Avec une propulsion impliquant de l’oxygène liquide, qui descend à -190 °C, les problématiques seront liées à la fois à la mécanique mais aussi à la thermique. Des paramètres et des calculs compliqués pour des étudiants, mais pas impossibles. « Le spatial est exigeant, poursuit Sylvain Pernon. Le projet Perseus est là pour le rendre accessible à tous, pas seulement à une élite. »
Les étudiants, recrutés dès la licence, sont souvent amenés à élargir leur champ de compétences, pour pouvoir “toucher à tout”. « Si on est curieux, on peut faire ce qu’on veut, tout en étant guidé. Perseus et le Project Lab m’ont donné une raison d’aller jusqu’au bout de mes études », confie Pierre, 23 ans, en Master 2 de mathématiques.

Valoriser leur investissement

Certains étudiants viennent à l’atelier pour faire un stage. C’est le cas d’Antoine, 24 ans, pour valider sa Licence 3 de sciences de l’ingénieur. Il connaît bien les lieux, car il vient depuis déjà 3 ans au Project Lab ! « Nous venons surtout sur notre temps libre », déclare-t-il.
« Pour l’instant, Perseus ne permet pas aux étudiants de valider une partie de leur cursus. Ils s’investissent pour le plaisir et pour les compétences gagnées », explique Sylvain Pernon. Mais les initiatives pour valoriser cet investissement se multiplient. « L’an dernier, deux étudiants ont obtenu un contrat étudiant dans le cadre d’un projet du Cnes et ArianeGroup. » Ils ont travaillé sur la mécanique du Smartcatcher, un système d’atterrissage prometteur pour la future fusée réutilisable Ariane. Et même s’ils n’ont pas tous une telle opportunité, Perseus suscite bel et bien des vocations : un ancien étudiant est même en train de créer sa propre start-up en lien avec l'espace !

 

Notes
1. Projet étudiant de recherche spatiale européen universitaire et scientifique.
2. Coordinateur des Fablabs et du programme Perseus à l’Université de Rennes 1.
3. Centre national d'études spatiales.

 

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